Antigone de Jean Anouilh fiche de lecture

fiche de lecture Antigone
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Antigone fiche de lecture

Antigone

Tableau d’identification

Le titre   Antigone
GenrePièce de théâtre : tragédie moderne
L’auteur Jean Anouilh
Date et lieu de la naissance / Décès23 juin 1910 à Bordeaux / mort à Lausanne en 3 octobre 1987
Date de publication   1946
Date de la 1ère présentation1944     
Autres œuvres du même auteur  -Le Voyageur sans bagage – Le Bal des voleurs – L’Alouette

Fiche de lecture : Antigone

les Personnages principaux : Antigone, Créon,Ismène, Hémon

Époque : Antiquité grecque

Lieu : Palais de Thèbes dans la cité de Thèbes (Grèce)

Registre ( ton )ou tonalité de la pièce :        tragique

Règles classiques :     -Respect de la règle des trois unités (lieu ( un seul lieu) , temps ( ne dépasse pas 24 heures), action ( une seule action, enterrer Polynice) ). -Respect de la règle de bienséance (pas de scène violente ni de nudité sur scène)

Dénouement ( la fin) :  Tragique : mort d’Antigone, d’Hémon et d’Eurydice.

Les thèmes : La solitude, les problèmes entre les jeunes et les adultes,le bonheur, la famille, le devoir…

Fonction du chœur : Représente parfois la conscience de Créon, parfois l’opinion publique et la voix du peuple de Thèbes.

Liens entre les personnages :         

  • Antigone : nièce du roi Créon.
  • Ismène : sœur de la princesse Antigone.
  • Créon : oncle maternelle d’Antigone.
  • Hémon : fils du roi Créon et fiancé d’Antigone.

La notion de fatalité : les personnages ne peuvent pas d’échapper à leur destin : La mort.

Les anachronismes : des indices qui montrent qu’il s’agit de l’Époque moderne.

Personnages principaux

  • Antigone : son père Œdipe et sa mère Jocaste , sœur d’Étéocle, Polynice morts avant le commencement de la pièce, et Ismène. Cette jeune princesse veut enterrer le cadavre de son frère Polynice malgré l’interdiction par le roi.
  • Créon: oncle maternel d’antigone, roi de Thèbes après la mort des deux frères ennemis, il tient à sa parole et enterre sa nièce vers la fin.
  • Ismène : sœur d’Antigone, elle aime la vie, refuse le projet d’Antigone.
  • Hémon : fils de Créon et d’Eurydice, fiancé d’Antigone, il se plonge l’épée dans le ventre après la mort de sa fiancée.

Personnages secondaires : Antigone fiche de lecture

  • La Nourrice : une femme qui a élevé les enfants d’Œdipe, cette vieille également appelée « Nounou » par les filles.
  • Eurydice : épouse du roi Créon qui passe ses journées à tricoter des pour les pauvres de Thèbes. Ces derniers « auront froid » car elle se suicide en se tranchant la gorge après la mort d’Hémon.
  • Les trois gardes : chargés de surveiller le cadavre de Polynice. Ils sont trois : Jonas, Durand et Boudousse.
  • Le page du roi : Il accompagne Créon et lui rappel l’heure du conseil.
  •  Le messager : Personnage type du théâtre antique, il annonce des nouvelles.

contexte historique Antigone de Jean Anouilh

Antigone est une pièce des années noires, lorsque la France connaît la défaite face aux armées nazies et elle tombe sous l’Occupation.

Paris est occupée par les Allemands depuis l 1940. La République a été remplacée par l’Etat français, sous la direction du maréchal Pétain.

La France est donc divisée en plusieurs régions : une zone libre au Sud, sous le régime de Vichy, une zone occupée au Nord, sous la coupe des Allemands, une zone d’administration allemande directe pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à la Belgique, une zone annexée au Reich : l’Alsace-Lorraine et enfin, une zone d’occupation italienne dans le Sud-Est (Savoie).

le général Charles de Gaulle lance un appel aux Français le 18 juin 1940 depuis Londres.

L’année 1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de force se sont modifiés, car les États-Unis viennent de déclarer la guerre à l’Allemagne. En France, le 19 avril 1942, Pierre Laval revient au pouvoir après une éclipse d’un an et demi et accentue la collaboration avec Hitler. Dans un discours radiodiffusé le 22 juin 1942, il déclare fermement : « Je souhaite la victoire de l’Allemagne » et il crée le Service du travail obligatoire (S.T.O.) pour l’aider en envoyant des ouvriers dans leurs usines de guerre. La rafle du Vél. d’Hiv. le 16 juillet 1942 envoie des milliers de juifs, via Drancy, dans les camps de concentration de d’extermination.

Ce n’est qu’en 1944 que nazis et collaborateurs subissent de véritables revers. Le Comité national de la Résistance (C.N.R.), institué le 15 mai 1943, fédère les différentes branches de la lutte antinazie et prépare l’après-guerre. Le 6 juin 1944, le débarquement des Alliés en Normandie déclenche l’insurrection des maquis en France et organise la reconquête du territoire français. Paris se soulève avant le moment prévu et se libère seul fin août 1944.

Avant même que la guerre ne soit terminée, l’épuration se met en place : de nombreux sympathisants du régime de Vichy sont jetés en prison et condamnés, certains sont exécutés, parfois sans procès ; les milieux culturels (journalistes, écrivains et acteurs) ne sont pas épargnés. C’est dans ce climat troublé que de Gaulle regagne la France et en assure dans un premier temps le gouvernement.


C’est à un acte de résistance qu’Anouilh doit l’idée de travailler sur le personnage d’Antigone. En août 1942, un jeune résistant, Paul Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours d’un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles, il blesse Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme n’appartient à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ; son geste est isolé, son efficacité douteuse. La gratuité de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour qui un tel geste possède en lui l’essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songe alors à une pièce de Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d’un individu face à l’État. Il la traduit, la retravaille et en donne une version toute personnelle.

La nouvelle Antigone est donc issue d’une union anachronique, celle d’un texte vieux de 2400 ans et d’un événement contemporain.

Antigone fiche de lecture : Structure de la pièce :

Anouilh a repris le cadre général de la pièce de Sophocle. Le rideau s’ouvre au petit matin sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon, au sujet duquel Antigone s’oppose à sa sœur Ismène. Le rideau tombe sur Créon, qui reste seul sur une scène dévastée.

PagesScènePersonnages
9-131Le Prologue
13-202Antigone, la Nourrice
213Antigone, la Nourrice, Ismène
22-314Antigone, Ismène
31-365Antigone, la Nourrice
37-446Antigone, Hémon
45-467Antigone, Ismène
46-538Créon, le Garde
53-559Le Chœur
55-6010Antigone, le Garde, le Deuxième Garde, le Troisième Garde
60-6411Antigone, les Gardes, Créon
64-9712Antigone, Créon
97-9913Antigone, Créon, Ismène
99-10014Créon, le Chœur
100-10515Créon, le Chœur, Hémon
105-10616Créon, le Chœur
10617Créon, le Chœur, Antigone, les Gardes
106-11718Antigone, le Garde
117-11919Le Chœur, le Messager
119-12220Le Chœur, Créon, le Page
122-12321Le Chœur, les Gardes

Description de la première page de couverture :

De haut en bas, tous les éléments sont centrés sur la page : le prénom et le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre, le cadre et le nom de la maison d’édition. Le cadre dans lequel sont présentées deux esquisses de personnages sur fond blanc ; ce décor est dépouillé ; aucun élément n’y apparaît. On ne distingue que les contours des deux personnages, ce qui suggère leur dépersonnalisation permettant une interprétation plus large : ils peuvent être n’importe qui. Cependant le vêtement ample, sorte de toge, du personnage de gauche montre peut- être son appartenance au monde de la loi ; c’est peut-être un avocat. Sa haute taille lui confère une certaine importance. Il tend la main vers l’autre personnage, celui- là de plus petite taille, à droite. Les courbes de ses hanches et sa silhouette menue laissent supposer qu’il s’agit d’un personnage féminin. Contrairement à l’autre personnage, elle ne fait pas de geste vers lui. Elle ne se tourne donc pas vers lui. On remarque leur ombre sur le sol et on peut conclure que la scène se déroule à l’extérieur. Cependant, ces personnages semblent enfermés dans un cadre (que mime ce cadre ? celui de la télévision ? celui du monde dans lequel ils sont prisonniers ?). Hors de ce cadre, la couverture présente encore une certaine rigidité : les lignes sont toutes verticales et horizontales. Cette image propose déjà à l’œil du futur lecteur une opposition entre deux personnages, ne serait- ce que par leur taille ; l’un des deux personnages, le plus imposant tend la main vers le personnage féminin qui, lui, semble regarder droit devant lui ou derrière lui. Par ailleurs, le titre de l’œuvre illustre encore cette opposition : le préfixe grec «  anti » indique l’hostilité, l’opposition, la défense et le mot «  gônia » signifie angle. Antigone serait le personnage se positionnant donc contre. Enfin la couleur orange vif dominante sur cette couverture peut traduire l’agressivité déjà présente dans le titre. le choix du marron renvoie à une certaine morosité de l’existence de ces personnages.

Formulation d’hypothèses de lecture :– Antigone se bat contre l’autorité d’un père qui lui refuse quelque chose, ce « quelque chose » variant : ce peut être le mariage avec celui qu’elle aime, le désir de partir de chez elle (il cherche à la retenir en lui tendant la main), etc.

– Antigone est une jeune fille désobéissante qui accumule les bêtises et qu’un adulte (père ou autre) essaie de faire rentrer dans le droit chemin. Les lignes droites de la page et le carré d’ailleurs traduiraient le cadre dans lequel Antigone, qu’elle ait raison ou non, doit réintégrer, les règles auxquelles elle doit obéir.Descriptif global de la séquence : repérer la construction du personnage d’Antigone dans l’affrontement. C’est un personnage de l’opposition.

PRESENTATION DE L’ŒUVRE1- RESUME 

Après la mort de Polynice et d’Etéocle qui se sont entretués durant la bataille de Thèbes, le roi Créon a organisé des funérailles nationales pour le second et a laissé pourrir le cadavre du premier dans la nature. Il a promulgué une loi interdisant à quiconque d’accorder les honneurs funèbres à ce « traître » sous peine de mort. Cette décision indigne profondément Antigone qui prend la ferme résolution d’enterrer son frère même si cette audace l’expose à un effroyable supplice. Après s’être entretenu avec sa nourrice, sa sœur Ismène et son fiancé Hémon, elle accomplit son acte avec une conviction inébranlable. Devant son oncle Créon, la jeune fille revendique les faits avec courage. Elle rejette toutes les propositions du roi qui tente vainement de la sauver. Un affrontement violent s’engage entre les deux antagonistes ; il se termine par la condamnation de l’héroïne à être murée vivante. Antigone se pend avec sa ceinture dans le tombeau des Labdacides. Hémon qui l’a rejoint entre-temps dans sa réclusion solitaire crache sur son père qui se trouve sur les lieux avant de se percer le corps avec son épée. Eurydice apprend la triste nouvelle et se suicide à son tour. De retour à son palais, Créon sent pour la première fois le poids de la solitude, mais les événements tragiques qui l’ont secoué ne l’empêchent pas d’assumer ses responsabilités royales avec le sens du devoir qui lui est connu.

FICHE DE LECTURE

Titre de l’œuvre : ……………Auteur et siècle :……………., le…… ..siècle

Date d’écriture ,de présentation et de publication Pièce écrite en ……présentée en …..et publiée en …….

Genre ……………   Personnages principaux ……………, Ismène, …………,Hémon

Époque de l’action : ……………………………….. … Lieu de l’action : P………… … dans la cité de ……(……………)

Composition :Pas d’……….ni de scènes   Niveau de langue :Langage …….., parfois

Langue …………..…… : La nourrice, les gardes…

Registre, ton ou tonalité de la pièce ………. Règles classiques -Respect de la règle des …… unités (lieu, ……., action) -Respect de la règle de bienséance (pas de ……….. sur scène)

Type de texte L’ensemble du texte est globalement ………………..

Indications temporelles ……………. heures du matin (……….. tentative d’Antigone d’enterrer le ………. de son frère) -Midi (…….. tentative d’Antigone) –……. heuresdu soir (fin de la pièce)

Dénouement :T…………: mort d’…………, d’……… et d’…………Rôle du Prologue ………………………. Présentation des personnages Présentés ………………… Les thèmes La solitude, le b…………, la l……………, l’enfance, le devoir, le conflit de générations…Fonction du chœur : Représente ……

Rapport des personnages avec la loi -Antigone : Respect de la loi ………… -Créon : Respect de la loi ………….

Liens entre les personnages -Antigone : …….. d’Oedipe et …………..de Créon -Ismène : …………..d’Antigone -Créon : ………. d’Antigone (roi de Thèbes) -Hémon : …………de Créon et fiancé d’Antigone

Histoire de la pièce Après .…………. ……Antigone décide d’……….. son frère et se dresser contre ………., le roi, qui a interdit de donner les ………….funèbres à Polynice, considéré comme un traître.

Arguments d’Antigone -Polynice est son …….. -Il a le droit au ……….. -Son d……….est de l’enterrer.

La notion de fatalité Antigone ne peut échapper à son ……… : La mort.

Les anachronismes Décalage chronologique : situer à une époque ce qui appartient à une autre époque …………… Figures de style Des personnifications, des comparaisons, des métaphores, des antiphrases,…

Temps des verbes Temps dominant : le présent. Emploi du conditionnel : scène ………… et …

Antigone – Jean ANOUILH 

1. La pièce est structurée en : une seule partie 2. En quelle année la pièce a-t-elle été jouée pour la première fois ? 1944 3. L’action se passe : à Thèbes. 4. L’action débute : alors qu’Antigone vient d’ensevelir  le corps de son frère. 5. Antigone va braver l’interdit royal deuxfois. 6. Antigone a un lien familial avec Créon. Elle est sa nièce 7.. Lorsqu’Ismène retrouve Antigone pour la dernière fois, elle vient pour lui dire : qu’elle a changé d’avis et qu’elle est prête à l’aider à enterrer Polynice.  8.. Lorsque Antigone annonce à Hémon qu’elle ne pourra pas l’épouser, quelle raison lui donne- t- elle ? Elle ne lui donne aucuneexplication. 9. Après la dispute entre Créon et son fils Hémon,: La foule envahit le palais. 10. Le roi cherche à la sauver. Il lui propose… de faire disparaître les témoins. 11. Finalement, pour se moquer du roi, Antigone le traite de… cuisinier. 12.. Quelle est la dernière action de Créon à la fin de la pièce ?  Il part assister à un Conseil, accompagné par son page. 13.. A la fin de la dernière scène entre Créon et Antigone, cette dernière lui dit : «Vous avez des têtes de cuisiniers. »14. Antigone demande à un garde de transmettre un message. En échange elle lui donne : une bague. Ce message st destiné à : Hémon. 15. Polynice a fait un cadeau  à Antigone, lorsqu’elle était enfant. Ce présent, qu’elle a conservé précieusement, est: Une fleur de papier  16.. Que fait Hémon avant de se tuer ? Il crache au visage de son père. 17.. Qui prononce la dernière réplique de la pièce ? Le Chœur. 18. Polynice avait parfois de mauvaises relations avec son père Oedipe. Créon apprend à Antigone : que Polynice avait frappé son père, qui lui refusait de l’argent. 19. Créon apprend à Antigone un secret sur le passé de son frère Etéocle :  20.  Etéocle avait essayé de faire assassiner son père Oedipe.   21. Un édit royal a été publié. Il interdit, sous peine de mort,…  qu’on donne les honneurs funèbres à Polynice.22. Le châtiment d’Antigone est… d’être murée  vivedans un trou. 23.La mort d’Antigone est suivie de celles d’Hémon et Eurydice.

STRUCTURE D’ANTIGONE D’ANOUILH Le texte de la pièce se présente comme un tout compact puisqu’Anouilh ne mentionne pas de division en scènes ou en actes ; cependant, en prenant en considération les entrées sur scène des personnages et leurs sorties, il est possible de reconstituer l’organisation suivante :

ScènepagesPersonnagesCe qui se passe
  19-13Le prologueScène d’exposition : le prologue présente les personnages et la situation aux spectateurs.
   213-20Antigone, la nourrice.En entrant. Antigone est surprise par la nourrice. Où était-elle ? A un rendez- vous ? La nourrice s’inquiète, mais est vite rassurée par Antigone.
   321Antigone, la nourrice, Ismène.Ismène est surprise que sa sœur soit levée si tôt. Pour être seules, elles envoient la nourrice chercher du café.
   422-31Antigone. Ismène.Déjà informée du projet de sa sœur, Ismène ne sait pas que celle-ci est passée à l’acte. Elle tente d’amener Antigone à renoncer à son projet.                                                                   
   531-36Antigone, la nourrice..Antigone se livre à la nourrice, sans pour autant dévoiler son secret. La  nourrice ne comprend rien !
637-44Antigone, Hémon.Antigone apprend à son fiancé qu’il ne sera jamais son mari ; il est stupéfait !
745-46Antigone. Ismène.En réponse à Ismène qui lui demande d’être raisonnable, Antigone lui annone qu’elle est passée à l’acte pendant la nuit.
846-53Créon, le Garde,  le page.Le garde annonce à Créon qu’on a tenté d’enterrer le corps de Polynice. La surprise passée. Créon cherche à étouffer l’affaire en obtenant le silence du garde.
953-55Le chœur.Intervention du chœur, qui établit une comparaison entre la tragédie et le drame.
10 1155-60Antigone. les gardes.Antigone a refait son geste, mais elle est arrêtée. Les gardes se réjouissent d’avoir arrêté la coupable.
60-64Antigone, Créon, les gardesLe garde présente l’accusée à Créon ; pour éviter le scandale, il met les gardes au secret.
1264-97Antigone. Créon.Longue scène, comportant plusieurs épisodes, où Créon tente vainement d’amener Antigone à renoncer à vouloir enterrer la dépouille de Polynice.
1397-99Antigone. Créon. Ismène.Ismene survient, elle tente de partager le sort de sa sœur ; celle-ci refuse. Les gardes emmènent Antigone.
1499-100Créon, le chœur.Le chœur reproche à Créon d’envoyer Antigone à la mort.
15100-105Créon. Hémon. le chœur.Hémon entre, supplie son père de sauver Antigone ; Créon refuse.
16105-106Créon, le chœur.Créon confirme au chœur qu’il ne peut plus rien faire.
17106Antigone, Créon. le garde.Très courte scène où « on devine la foule » qui hurle contre Antigone. Créon fait vider le palais.
18106-117Antigone, le garde.Le garde est insensible au sort d’Antigone ; elle lui fait écrire une lettre adressée à Hémon.
19117-119Le chœur, le messager.Le messager annonce la mort d’Antigone, et celle d’Hémon.
20119-122Créon, le page, le chœurle chœur annonce la mort d’Eurydice, la femme de Créon. Créon est tout seul maintenant
21122-123 chœur« Un  grand  apaisement triste tombe sur Thèbes » pendant que les gardes continuent à jouer aux cartes.

Description de la première page de couverture :

De haut en bas, tous les éléments sont centrés sur la page : le prénom et le nom de l’auteur, le titre de l’œuvre, le cadre et le nom de la maison d’édition.Le cadre dans lequel sont présentées deux esquisses de personnages sur fond blanc ; ce décor est dépouillé ; aucun élément n’y apparaît. On ne distingue que les contours des deux personnages, ce qui suggère leur dépersonnalisation permettant une interprétation plus large : ils peuvent être n’importe qui. Cependant le vêtement ample, sorte de toge, du personnage de gauche montre peut- être son appartenance au monde de la loi ; c’est peut-être un avocat. Sa haute taille lui confère une certaine importance. Il tend la main vers l’autre personnage, celui- là de plus petite taille, à droite. Les courbes de ses hanches et sa silhouette menue laissent supposer qu’il s’agit d’un personnage féminin. Contrairement à l’autre personnage, elle ne fait pas de geste vers lui. Elle ne se tourne donc pas vers lui. On remarque leur ombre sur le sol et on peut conclure que la scène se déroule à l’extérieur. Cependant, ces personnages semblent enfermés dans un cadre (que mime ce cadre ? celui de la télévision ? celui du monde dans lequel ils sont prisonniers ?). Hors de ce cadre, la couverture présente encore une certaine rigidité : les lignes sont toutes verticales et horizontales. Cette image propose déjà à l’œil du futur lecteur une opposition entre deux personnages, ne serait- ce que par leur taille ; l’un des deux personnages, le plus imposant tend la main vers le personnage féminin qui, lui, semble regarder droit devant lui ou derrière lui. Par ailleurs, le titre de l’œuvre illustre encore cette opposition : le préfixe grec «  anti » indique l’hostilité, l’opposition, la défense et le mot «  gônia » signifie angle. Antigone serait le personnage se positionnant donc contre.Enfin la couleur orange vif dominante sur cette couverture peut traduire l’agressivité déjà présente dans le titre. le choix du marron renvoie à une certaine morosité de l’existence de ces personnages.

Formulation d’hypothèses de lecture :– Antigone se bat contre l’autorité d’un père qui lui refuse quelque chose, ce « quelque chose » variant : ce peut être le mariage avec celui qu’elle aime, le désir de partir de chez elle (il cherche à la retenir en lui tendant la main), etc.

– Antigone est une jeune fille désobéissante qui accumule les bêtises et qu’un adulte (père ou autre) essaie de faire rentrer dans le droit chemin. Les lignes droites de la page et le carré d’ailleurs traduiraient le cadre dans lequel Antigone, qu’elle ait raison ou non, doit réintégrer, les règles auxquelles elle doit obéir.Descriptif global de la séquence : repérer la construction du personnage d’Antigone dans l’affrontement. C’est un personnage de l’opposition.

ANTIGONE 1.

Quel est le titre de cette œuvre?2) Qui en est le dramaturge ? 3)À quel genre appartient cette œuvre ?4) Qu’est-ce qu’une tragédie? C’est une pièce de théâtre qui se termine tragiquement : un ou plusieurs personnages trouvent la ……… à la fin : c’est le cas d’…………, d’…………. et d’…………..5) Comment meurent ces personnages? Antigone est enterrée …… ; Hémon; se plonge l’…….dans le ventre Eurydice se ………. la gorge.6) Pourquoi ?-Antigone est condamnée à ……… par son oncle maternel, le roi Créon, parce qu’elle a bravé sa loi en enterrant la ……….de son frère Polynice, que le roi a jeté en plein air. Hémon s’est suicidé parce que son père le roi a condamné sa …… , Antigone, à la mort. Eurydice, la …….d’Hémon, s’est suicidé lorsqu’elle a appris la mort de son …………7)Pourquoi le roi a interdit qu’on enterre le cadavre de Polynice? Parce que le roi le considère comme un……… : Polynice s’est allié aux  ……….étrangers pour attaquer Thèbes gouvernée par son frère,…………, afin de s’emparer du pouvoir.8) Pourquoi recourut-il à la force? Après le départ de leur père Œdipe, les deux frères se sont mis d’accord pour gouverner, à tour de rôle, chacun une ……….; mais après un an, Etéocle refusa de céder le …………… à son frère.9)Qu’advient- il d’Etéocle? Le roi a réservé d’imposantes ………………..à Etéocle qu’il considère comme un héros national. Mais, au cours de sa confrontation avec Antigone, le roi va dire que les deux frères sont des ………. qui ne valent rien.10) Quels sont les personnages de la pièce ?Antigone, ……d’Ismène, leur nourrice ; puis le roi, Créon, … d’Eurydice et …… d’Hémon ; Hémon, fils du roi et ……… d’Antigone ; enfin les gardes, le Messager et le chœur.11)Pourquoi Antigone s’entête à enterrer la ……….. de son frère? D’abord, elle considère cela comme un ……………, après elle dit qu’elle le fait sans ……….. pourquoi.12)À quelle heure est sortie Antigone pour enterrer son frère? A… heures du matin.13)Avec quoi elle a essayé de l’enterrer ?D’abord, avec la petite … de……..de  son frère Polynice que les gardes ont saisie ; puis en grattant la terre avec ses …………14) Combien de temps dure l’histoire ? Dans la pièce, l’action a commencé à l’……….., et elle s’est terminée à…… 15) Est-ce qu’Ismène a accepté le projet d’Antigone? Au début, Ismène a …….de Créon, elle a essayé de ………… sa sœur d’abandonner son projet ; mais lorsque le roi a condamné Antigone, Ismène veut ……avec elle.16) Est-ce qu’Antigone a un enfant d’Hémon? ……., elle lui parle de l’enfant qu’ils auraient pu avoir.17)Que voulait faire Créon pour étouffer l’affaire? Il voulait ……..les trois gardes. 18)Qu’est-ce qui montre qu’Antigone veut mourir ? Créon lui propose d’…….  l’affaire, mais elle…..  ; elle dit qu’elle va recommencer.19) De quoi s’est inspiré Jean Anouilh pour écrire sa pièce? Il s’est inspiré d’une pièce de théâtre de …………… qui porte le même titre, et qui parle de la même histoire ; mais, il s’est appuyé surtout sur le mythe ……d’Antigone.20) En quoi, cette pièce diffère-elle d’une tragédie classique? Dans la tragédie classique, il y a des actes et des …….. alors que dans notre pièce, il n’yen a pas. La tragédie classique est écrite en ……….. et ne comporte pas de mots …………ni de personnages vulgaires ; or, dans Antigone, il y a des personnages de cette espèce (les gardes) et il y a beaucoup de mots familiers, voire populaires.

fiche de lecture Biographie de Jean Anouilh

Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux. Il entreprit des études de droit à Paris où il travailla dans la publicité. En 1928,  il devint le secrétaire de Louis Jouvet ; ce poste lui permit de découvrir le théâtre et de s’y consacrer. Ses premières œuvres  furent  couronnées  de  succès  notamment L’Hermine (1932), Le  Voyageur  sans bagage (1937), et Le Sauvage (1938).

 L’auteur  ajouta  d’autres  pièces  à son palmarès et s’affirma comme l’un des plus grands  dramaturges  de  son  temps. Sa  pièce Le  Bal  des voleurs (1938)  et  ses adaptations de tragédies antiques (Eurydice, 1942, Antigone, 1944) furent favorablement accueillies par le public. Après la libération de la France, Anouilh divisa ses productions théâtrales en plusieurs catégories, selon leur degré de pessimisme : pièces noires, roses, brillantes, grinçantes, costumées, secrètes et farceuses.

Le théâtre d’Anouilh est classique en apparence, mais il comprend quelques pièces qui traduisent une volonté de renouveau comme L’Alouette (1952) qui est une adaptation  de la légende de Jeanne d’Arc, ou encore Beckett ou l’honneur de Dieu (1959) où l’histoire ne sert que de prétexte à une création dramatique qui se veut  novatrice et originale.

Anouilh opta ouvertement pour un théâtre moderne. Il fit découvrir Samuel Beckett au public francophone, et prit la défense de grands auteurs comme Stève Pasteur et Eugène Ionesco. Il revisita Victor ou les enfants au pouvoir de Vitrac et la monta en 1962. A côté de ces travaux sérieux et engagés, il conçut des œuvres de pur divertissement telles que La Culotte (1978) et Le Nombril  (1982). A la fin des années soixante, il se tourna vers un théâtre autobiographique pour exprimer la recherche d’une pureté toujours inaccessible : Le Boulanger, la Boulangère et le petit mitron (1968), Antoine ou l’amour raté (1959), Les Poissons rouges (1970), Ne réveillez pas Madame (1970).


ANTIGONE reste l’œuvre la plus remarquable de l’auteur. Elle fut composée sous sa forme presque  définitive en 1942. Après avoir reçu l’autorisation des Allemands, elle fut jouée pour la première fois le 4 février 1944 dans une mise en scène de Barsacq avec  Monelle Valentin dans le rôle d’Antigone et  Jean Davy dans celui de Créon. Plusieurs représentations eurent lieu  plus tard à Paris, à Bruxelles, à Rome et à Londres. Elles furent toutes couronnées d’un succès total. REPERES  I- LE MYTHE  est un récit anonyme qui met souvent en scène un conflit entre les héros et les divinités. Il se caractérise par les  variantes sous lesquelles il se présente. Orphée, par exemple, meurt coupé en pièces par les prêtresses de Bacchus dans une version, mais dans une autre, moins connue, il meurt  foudroyé par Zeus.        A l’origine, le mythe est transmis oralement. Les Grecs ont transcrits leurs mythes qui ont nourri leur littérature et surtout leur philosophie. Ces textes étaient initialement liés aux cérémonies religieuses, mais ils furent transformés en une sorte de discours de la raison par la suite. La mythologie grecque, exploitée par les Latins, constitue un riche matériau grâce auquel la culture occidentale moderne a réalisé bon nombre de créations littéraires et artistiques. Même la psychanalyse incarnée notamment par Freud recourt parfois aux mythes pour expliquer certains comportements de l’individu (Le complexe  d’Œdipe  par exemple pour « signifier la représentation inconsciente par laquelle l’enfant exprime son désir amoureux ou sexuel pour le parent du sexe opposé, et son hostilité pour le parent du même sexe que lui ».
II- LE MYTHE D’ŒDIPE                                    
Œdipe et le Sphinx
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Un oracle prédit à Laïos, roi de Thèbes, qu’il aura un fils qui tuera son père et se mariera avec sa mère. Lorsque l’enfant vient au monde, on l’expose aux bêtes après lui avoir transpercé les pieds pour éviter la réalisation de la cruelle prophétie. Un berger lui sauve la vie et le remet au roi de Corinthe, Polybos, qui lui donne le nom d’Œdipe. Bien des années plus tard, l’oracle annonce la même prédiction au jeune homme. Terrorisé, ce dernier quitte Corinthe pour que la fatalité ne s’abatte pas sur ses parents adoptifs. Durant son voyage, il se dispute avec un inconnu et le tue : c’est  Laïos, son père. Il poursuit son chemin vers Thèbes et parvient à vaincre le Sphinx, un monstre qui propose une énigme aux voyageurs et qui les dévore s’ils n’arrivent pas à la résoudre. Œdipe réussit à trouver la réponse, ce qui pousse la créature maléfique à se suicider. Il monte sur le trône du royaume et épouse la reine : c’est Jocaste, sa mère. De ce mariage naissent deux garçons, Polynice et Etéocle, et deux  filles Ismène et Antigone. Un jour, Œdipe découvre l’incroyable vérité. Il se crève les yeux et sa mère se pend. Après sa mort, ses deux fils se mettent d’accord pour régner  une année chacun à tour de rôle. Etéocle accède au pouvoir le premier, mais il refuse de céder le trône à son frère. Alors ce dernier s’allia avec le roi d’Adraste et attaqua Thèbes. Au cours des combats, Etéocle et Polynice s’entre-tuent. C’est Créon, le frère de Jocaste, qui s’empare du pouvoir. Il accorde de grandes funérailles à Etéocle, le héros, et laisse pourrir le corps de Polynice, le traître, au soleil. Antigone le défie et couvre de terre le cadavre de son frère. Elle est condamnée à mort pour avoir enfreint la loi.    III- LA TRAGEDIE « Tragédie » vient du  mot grec « tragoedia » qu’on peut rapprocher de « tragos » qui signifie « bouc » et d’ « odè » qui signifie « chant ». Elle renvoie aux cérémonies religieuses chantées et dansées et au cours desquelles on sacrifiait un animal (le bouc). Mais le sens de la tragédie finit par gagner une dimension plus civique que cultuelle, à Athènes en particulier. Les fêtes de Dionysos  deviennent l’occasion de représentations théâtrales exécutées en public et en présence d’un jury désigné pour choisir les meilleures performances.  Les sujets des pièces sont souvent inspirés des mythes qui proposent une intrigue saisissante pour amener le spectateur à s’interroger sur des questions cruciale comme celles de l’Homme et de la Cité. La tragédie  met en scène des protagonistes illustres (rois, princes,…) qui vivent une passion déchirante ou qui sont écrasés par le destin. Devant le spectacle tragique, le spectateur éprouve de la pitié envers les personnages torturés, surtout moralement. Les scènes éprouvantes auxquelles il assiste engendrent en lui un sentiment de terreur qui le dissuade d’imiter les victimes de la pièce. Ce genre dramatique  vit le jour dans la  Grèce antique. Elle se présentait sous forme d’ un spectacle en plein air composé de chant, de danse et de dialogues. Le chœur, constitué de quinze  personnes, commente l’action. Trois acteurs, dont l’un principal, qui portent des masques jouent différents rôles devant le public, généralement dans un amphithéâtre. Les  trois   principaux   dramaturges  qui  ont marqué  la  tragédie antique sont grecs, Eschyle, Sophocle  et  Euripide  qui ont vécu au Vème siècle av. J.- C. Ils  ont  tous les  trois  accordé  la  priorité  à  l’action aux dépens du chant et de la  danse.  Les  Suppliantes  d’Eschyle  est  considérée comme la pièce  la plus  ancienne ; c’est  aussi  la plus  connue du répertoire  de ce dramaturge. Sophocle, quant à lui, a composé des œuvres très célèbres comme Antigone, Œdipe roi, Electre, etc. En  ce qui  concerne  Euripide, il a légué à  la postérité des pièces telles que Iphigénie à Aulis, Alceste, Électre, Andromaque, les Troyennes, Hélène.               
III-1- LA TRAGEDIE CLASSIQUE   La tragédie classique se distingue par une histoire simple. Elle  est écrite en vers (alexandrins) et se déroule dans un lieu unique, en un seul jour. Elle  s’organise  autour de cinq actes : – Acte I : exposition – Actes II et III : développement de l’action – Acte IV : retardement ou ralentissement de l’action – Acte V : dénouement  tragique. Pierre Corneille et Jean Racine sont incontestablement les plus grands représentants de la tragédie classique. Le premier  s’inspire de l’histoire romaine  pour écrire ses pièces : Horace, Cinna, Nicomède, Suréna…Le second tire davantage profit des légendes et mythes grecques : Andromaque, Iphigénie, Phèdre,…    
III-2- LA TRAGEDIE MODERNE   Le début du XXème siècle caractérisé par le déclenchement de la Première Guerre mondiale, a incité les dramaturges à s’interroger avec une profonde angoisse sur la condition humaine. C’est vraisemblablement pour cette raison qu’ont été composées des pièces gravitant autour de la guerre ont
III-3- PARTICULARITES DU GENRE  
III-3-1- LE DILEMME 
  Les personnages, les héros et les héroïnes en particulier, héros vivent des situations très difficiles où le choix des solutions  relève parfois de l’impossible. Ils tombent souvent victimes de leurs propres passions. Ils essaient de trancher le dilemme, mais leur décision  conduit inévitablement à la mort.  
III-3-2. L’IRONIE TRAGIQUE  
L’ironie tragique vient de l’impuissance des personnages qui ne peuvent rien faire contre les sentences du destin.  Le héros vit un véritable déchirement ; il  fait tout ce qui est en son pouvoir pour vaincre la fatalité, en vain. Le spectateur sait d’avance que tous ses efforts seront voués à l’échec ; c’est ce qui confère un caractère pathétique à la situation.  
III-3-3- LA CATHARSIS 
  Le but visé par la tragédie consiste à mettre en scène des personnages condamnés à la souffrance parce qu’ils ont offensé les dieux ou parce qu’ils n’ont pas pu dominer leurs passions. La représentation tragique éloigne  le public de la dangereuse  tentation de suivre leur exemple.   QUELQUES PERSONNAGES QUI ONT INSPIRE DE CELEBRES TRAGEDIES
 III-4- LA TRAGEDIE ET LE TRAGIQUE  
La tragédie connaît un important regain d’intérêt au XXème siècle. Des philosophes Unamuno et Steiner  l’utilisent comme un moyen de méditation sur leurs sujets d’étude. Ils s’intéressent plus particulièrement au « tragique » pour s’interroger sur la signification profonde de la vie, des rapports de l’homme avec ce qui le dépasse et du conflit des valeurs. Ce retour à la tragédie  est surtout dicté par les événements qui secouent leur époque, les Deux Guerres mondiales en particulier. Il permet de parler d’un tragique moderne qui oppose les hommes aux hommes et non plus les hommes aux dieux. A ce propos, Jean Cocteau écrit : «  L’Europe, de plus en plus, est une usine confuse à désespérer et à tuer. » C’est la fatalité qui caractérise le plus souvent la tragédie. Sophocle illustre cette idée dans sa pièce Electre en disant : « Quand un dieu veut du mal à un homme, celui-ci a beau être fort, il ne peut lui échapper. » Même vaincu par les divinités en colère, le héros tragique conserve une grandeur qui lui attire l’admiration et la sympathie du public. J. Morel écrit à ce propos : « Le héros tragique assume pleinement sa condition mortelle tout en aspirant à la divinisation que lui promet dans la plupart des cas sa descendance mythique. » Le tragique se singularise donc par la rigueur, voire le sadisme, avec lequel s’accomplit le drame. Selon Cocteau dans la Machine infernale, le tragique devient « une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel. » Mais le tragique n’est pas toujours rattaché à la vengeance des dieux. Il peut résulter du choc des passions comme dans Andromaque de Racine, des déchirements politiques, des conflits sociaux, du mystère qui dépasse l’homme, de l’affrontement des valeurs irréconciliables, etc. Il s’agit d’une forme moderne du tragique qui met en évidence l’éclatement des valeurs dans un monde déchiré, et que M. Raimond définit comme : «  l’impossibilité de s’entendre sur les moyens et sur les fins. »                                               
IV-  LA TRAGEDIE DANS LE THEATRE DU XX ème SIECLE
A partir de 1900, les auteurs dramatiques français commencent  à remonter des tragédies antiques. Ils adaptent ou donnent leur propre version des grands mythes comme le fait Paul Claudel dans l’Orestie. Ce phénomène gagne plus d’importance pendant l’entre-deux guerres, surtout entre 1920 et 1950. Des écrivains comme Cocteau, Giraudoux, Sartre et Anouilh s’illustrent dans cette nouvelle mouvance qui revisite des tragédie antique et les soumet à un regard moderne fortement imprégné des événements majeurs qui marquent le  XX ème siècle. Le théâtre de boulevard continue d’exister malgré la disparition de noms illustres comme Feydeau, Labiche et Courteline. Certains dramaturge l’associent au drame tel que Henri Bataille, mais d’autres, à l’instar de Sacha Guitry le transforment considérablement en renouvelant le langage théâtral. Des œuvres qualifiées de subversives par la critiques émergent du lot et créent parfois de grands scandales comme les Mamelles de Tirésias d’Apollinaire. Antonin Artaud tente, quant à lui, de dépasser le théâtre en alliant technique et métaphysique. Les surréalistes ne s’engagent pas ouvertement dans l’art dramatique, et à part la pièce Victor de Roger Vitrac, ils demeurent méfiants à l’égard de la scène. Outre les auteurs déjà cités, le théâtre a connu d’autres noms qui ont largement contribué à son développement comme  Armand Salacrou ( Patchouli,1930) et Paul Claudel (Le Soulier de satin, 1943) Les  metteurs en  scène qui aspirent à la création d’ un  théâtre  d’art  et  d’essai   montent  des  chefs-d’œuvre  classiques. Dullin met  en  scène  l’Antigone de Cocteau et les Mouches de Sartre,  Piottoëf réalise Orphée, Jouvet  la Machine infernale de Cocteau, etc. Ce renouvellement vise à  présenter un  répertoire moderne qui s’oppose avec vigueur à la facilité et au réalisme psychologique. Le spectacle devient alors, comme  l’affirme  Giraudoux : « la  seule forme d’éducation morale et artistique d’une nation (…). Le  seul  moyen par lequel le public le plus humble et  le  et le moins lettré peut être mis en contact personnel  avec les plus hauts conflits.   Le cadre des mythes antiques incite, quant à lui, les décorateurs, à renouveler les espaces  théâtraux, les accessoires et les costumes. Ils  s’inspirent  des écoles  artistiques qui émergent au  début du siècle en Europe, mais également de l’art africain, le symbolisme des masques par exemple, pour simplifier les formes géométriques ainsi que  leur volume.   
REPERES HISTORIQUES                      
Anouilh a écrit Antigone pendant les années noires de l’Occupation nazie. En 1942, la République a cédé la place à l’Etat français dirigé par le maréchal Pétain. Le pays a été divisé en plusieurs régions majoritairement administrés par les Allemands. Depuis Londres, Charles de Gaulle lance un appel aux Français pour organiser la Résistance ; un gouvernement en exil a été aussitôt formé. Le 19 avril 1942, Pierre Laval accède au pouvoir et renforce la collaboration avec les nazis. Ce n’est qu’en 1944, que l’occupant et ses partisans subissent les premières défaites. Les différentes branches de la résistance sont réunies par le Comité national et assènent de violents coups à l’ennemi. Le débarquement des Alliés en Normandie favorise considérablement la reconquête du territoire français. Au cours de la même année, la capitale s’insurge et parvient à se libérer du joug allemand.  

PRESENTATION DE L’ŒUVRE                      
1- RESUME Après la mort de Polynice et d’Etéocle qui se sont entretués durant la bataille de Thèbes, le roi Créon a organisé des funérailles nationales pour le second et a laissé pourrir le cadavre du premier dans la rue. Il a promulgué une loi interdisant à quiconque d’accorder les honneurs funèbres à ce « traître » sous peine de mort. Cette décision indigne profondément Antigone qui prend la ferme résolution d’enterrer son frère même si cette audace l’expose à un effroyable supplice. Après s’être entretenu avec sa nourrice, sa sœur Ismène et son fiancé Hémon, elle accomplit son acte avec une conviction inébranlable. Devant son oncle Créon, la jeune fille revendique les faits avec courage. Elle rejette toutes les propositions du roi qui tente vainement de la sauver. Un affrontement violent s’engage entre les deux principaux personnages ; il se termine par la condamnation de l’héroïne à être murée vivante. Antigone se pend avec sa ceinture dans sa tombe. Hémon qui l’a rejointe entre-temps dans sa réclusion solitaire crache sur son père qui se trouve sur les lieux avant de se percer le corps avec son épée. Eurydice apprend la triste nouvelle et se suicide à son tour. De retour à son palais, Créon sent pour la première fois le poids de la solitude, mais les événements tragiques qui l’ont secoué ne l’empêchent pas d’assumer ses responsabilités royales avec le sens du devoir qui lui est connu.               
2- PERSONNAGES   ANTIGONE : héroïne de la pièce. Elle est à la fois douce et inflexible. Pour accomplir ce qu’elle considère son devoir de sœur, elle  défie l’autorité de Créon et couvre de terre le cadavre de Polynice. CREON : roi de Thèbes. Homme autoritaire qui applique aveuglément la loi. Il donne une chance à Antigone pour la sauver, mais la jeune fille la rejette, ce qui lui coûte la vie. LE CHŒUR : ce n’est pas un personnage proprement dit puisqu’il ne participe pas à l’action . Son rôle consiste à fournir des informations au public pour lui permettre de mieux comprendre l’histoire. LE GARDE JONAS : c’est lui qui arrête Antigone avec d’autres collègues. Homme grossier et lâche qui ne pense qu’à la promotion et à l’argent. Il inspire un profond dégoût à l’héroïne. HEMON : fils de Créon et fiancé d’Antigone. Il partage le triste sort de la femme qu’il aime dans le tombeau où elle est murée. ISMENE : sœur d’Antigone. Jeune fille belle et élégante. Elle fait tout ce qu’elle peut pour raisonner sa cadette, mais en vain. LA NOURRICE : vieille femme douce et naïve. Elle a élevé Antigone et Ismène après la mort de leur mère. LE MESSAGER : il est souvent chargé de rapporter des faits qui se passent hors de la scène comme le dénouement tragique de la pièce par exemple. LES GARDES : ils participent à l’arrestation d’Antigone avec Jonas. Ils partagent les mêmes traits de caractère que lui.                             
3-THEMES   Antigone aborde de nombreux thèmes qui entretiennent une relation étroite avec la personnalité ambiguë de l’héroïne d’une part, et avec le contexte socio-historique qu’a connu la France sous l’Occupation d’autre part. L’enfance occupe, par exemple une place centrale dans la pièce. Elle est souvent associée à l’idée de pureté et d’innocence ; elle réfère à un monde qu’Antigone évoque toujours avec tristesse et nostalgie. La problématique du bonheur nourrit, en outre, les débats, notamment lors de l’entretien houleux entre Antigone et Créon. Elle révèle la divergence des points de vue des deux protagonistes sur la conception de la vie et la manière d’être heureux. La solitude, quant à elle, marque cruellement certains personnages ; elle est vécue comme un déchirement qui entraîne infailliblement l’angoisse et le suicide. C’est à cause de l’incompréhension des autres qu’Antigone se sent seule et rejetée, deux sentiments qui tisonnent sa fureur face à Créon et l’obligent à prendre des décisions extrêmes sans se soucier des conséquences de ses actes. Enfin la politique, actualité oblige, fait l’objet de discussions et de commentaires qui trahissent parfois l’opinion de l’auteur. La longue tirade de Créon à propos du métier de roi peut-être interprétée comme la position à peine déguisée d’Anouilh vis-à-vis du pouvoir et de la raison d’Etat.  
4- SCHEMA DRAMATIQUE   Etat initial Après les funérailles d’Etéocle, Créon ordonne de ne pas enterrer. A cet effet, il décrète une loi qui punit de mort quiconque oserait enterrer le cadavre. Evénement modificateur Antigone brave l’autorité du roi et accorde les honneurs funèbres à son frère. Elle est arrêtée par les gardes  et conduite devant Créon. Péripéties Créon fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter la mort à sa nièce, mais cette dernière lui tient tête et revendique héroïquement son acte. Etat final Antigone est condamnée à mort. Hémon la rejoint dans le tombeau et se suicide. Elle se donne la mort à côté de lui. La reine en fait de même. Créon reste seul avec son petit page.  SCHEMA ACTANCIEL                     Destinateur               Sujet                   Objet                            Destinataire                 L’orgueil d’Antigone      Antigone      Sépulture de Polynice       Antigone                                      
                                                                           Adjuvants                         Opposants                                Néant                               Ismène                                                                         Décret de Créon                 
LA PREMIERE DE COUVERTURE   Elle est dominée par la couleur rouge qui renvoie au sang et qui annonce d’emblée l’univers tragique de la pièce. Tout en haut figure le nom de l’auteur. Le  nom et le prénom, en marron sur fond blanc, sont écrits en lettres majuscules, mais le premier en caractère gras et le second en maigre. Le titre de l’œuvre est écrit en marron sur fond rouge, en majuscules et en gras pour attirer l’attention du lecteur. L’illustration présente deux ombres de forme humaine qui réfèrent aux deux principaux personnages : Créon et Antigone. Créon est crayonné de manière à mettre en évidence sa supériorité (silhouette imposante, geste exprimant l’ordre, etc.) Antigone, quant à elle, offre l’idée d’une fille maigre et petite de taille par rapport à son interlocuteur. Le dessin suggère, par anticipation, l’inégalité du combat qui va opposer les deux protagonistes et qui tournera logiquement en faveur du plus fort. Tout en bas figure le nom de la maison d’édition, La Table  Ronde. Il est écrit en  caractères maigres en marron sur fond blanc.
REPARTITION DES SCENES   De manière globale, la pièce est conçue de manière classique. Cependant, elle n’est pas divisée en actes comme dans les anciennes tragédies. La délimitation des scènes se base essentiellement sur l’entrée et la sortie des personnages selon le tableau suivant :       
SCENE I (PP 9-13)       LE PROLOGUE             RESUME   Le prologue présente les personnages qui vont jouer la pièce et les décrit brièvement. Antigone, en sa qualité d’héroïne, passe en premier. Viennent ensuite Ismène, Hémon,  Créon, le petit page, la reine Eurydice et la nourrice. Au terme de son discours, le Prologue procède à un bref rappel de certains événements indispensables à la compréhension de l’histoire. Il insiste  sur des faits saillants tels que la mort  des deux frères d’Antigone, les funérailles dignes d’un héros accordées à Etéocle et le cruel châtiment infligé à Polynice condamné à pourrir  sous les yeux horrifiés de Thèbes. L’univers tragique est mis en place. Toute laisse supposer que le dénouement ne sera pas heureux pour l’implacable Antigone qui défend farouchement ses convictions au  risque  de s’attirer  les foudres du roi.   AXES DE LECTURE I- L’exposition   D’habitude, les faits antérieurs à l’action sont présentés par les personnages dans un dialogue artificiel destiné à informer le public. Anouilh n’adopte pas ce procédé classique ; il confie la tâche de l’exposition au prologue, un personnage qui figure également dans Antigone de Sophocle. L’ambiance  de la tragédie est annoncée  dès le début à l’aide de termes  ayant trait à la mort : – Elle pense qu’elle va mourir. – Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et mourir. – C’est le messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. – Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement punis de mort. Le prologue souligne l’écart existant entre les protagonistes de la tragédie classique et celle d’Anouilh. A part Antigone présentée comme une jeune fille grave et pensive, les autres personnages se singularisent par leur extrême banalité. Par ailleurs, le texte d’ouverture foisonne d’indices qui traduisent le souci d’innovation qui anime l’auteur  et dont nous verrons quelques exemples dans le troisième axe. II- Antigone  De tous les personnages, Antigone se distingue déjà comme un être à part. Elle n’est pas  belle comme la plupart des héroïnes, mais elle jouit  d’une grande force de caractère. Le nom qu’elle porte et qui contient les lettres du mot AGONIE la prédestine à une fin tragique explicitement soulignée par le Prologue : – Mais il n’ y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout. La jeune fille qui tiendra tête à Créon un peu plus loin est présentée dans une position méditative :  « Elle ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. »        Elle est conscient de la mission  difficile qui l’attend, mais elle est prête à l’accomplir à tout prix:  « Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout. » La petite maigre, noiraude et renfermée  s’oppose en tout à sa sœur Ismène qui incarne le modèle de la beauté féminine : la blonde, la belle, l’heureuse Ismène. Son physique n’a donc rien à voir avec  le corps de charme traditionnellement prêté aux héroïnes des tragédies. III- L’originalité d’Anouilh  Anouilh transforme le Prologue, personnage grave souvent incarné par un dieu dans la tragédie antique, en personnage tout à fait ordinaire qui sait lire dans la souffrance des hommes. Il compose sa pièce en prose et non en vers comme c’est le cas de la tragédie classique. D’autres nouveautés se remarquent dans cette première scène telles que le fréquent usage des anachronismes[4], (Gardes qui portent des chapeaux et qui jouent aux cartes, Eurydice qui tricote…), le langage familier et la considération d’Antigone  comme un personnage démythifié, c’est-à-dire comme  qui n’a rien à voir avec la grandeur tragique des héroïnes antiques.
SCENE II (PP 13-21) LA NOURRICE ET ANTIGONE     RESUME Antigone rentre chez elle. Elle est surprise par sa nourrice qui l’accable de questions pour savoir d’où elle vient à une heure aussi matinale. La jeune fille lui confie finalement qu’elle s’est rendue à un rendez-vous galant, un aveu qui irrite visiblement le vieille femme. Mais Antigone plaisante. La raison pour laquelle  elle a quitté son domicile est toute autre. Nous devinons déjà de quoi il s’agit. AXES DE LECTURE I-Une abondance de familiarités Anouilh se démarque  de Sophocle par l’usage d’un langage familier utilisé d’habitude dans les comédies. Ce choix permet d’insérer des moments de détente dans une pièce dominée par un cortège de suicides : – Et ça vous répond qu’on la laisse, ça voudrait qu’on ne dise rien. – Ah, c’est du joli ! c’est du propre ! – Allons ma vieille pomme rouge.  -Tu en auras encore besoin nounou. II- Rêveries et réalisme La scène qui réunit Antigone et sa nourrice révèle quelques traits de caractère des deux personnages. La première, encore sous l’effet de la beauté de la nature du petit matin s’abandonne à de lointaines rêveries. Son langage, presque poétique, contient de nombreuses images qui trahissent son extrême sensibilité : – C’est vrai, c’était encore la nuit.(…)C’est merveilleux nourrice. J’ai cru au jour aujourd’hui. – Dans les champs, cela était mouillé et cela attendait.(…) Alors j’ai enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la campagne sans qu’elle s’en aperçoive. La nourrice, quant à elle, reste profondément attachée au réel. En guise de réponse aux évocations poétiques d’Antigone, elle répond :Il va falloir te laver les pieds avant de te mettre au lit. DOCUMENT THEBES Thèbes (Grèce), cité de la Grèce antique, en Béotie, au nord du mont Cithéron (aujourd’hui Kithairon), au nord-ouest d’Athènes. Sa citadelle s’appelait Cadmée, du nom de Cadmos, héros mythique et chef légendaire des Phéniciens qui fondèrent Thèbes. C’est l’une des cités grecques les plus célébrées dans les mythes et les légendes. Ces histoires comprennent celle des jumeaux Amphion et Zéthos, qui gouvernèrent Thèbes et bâtirent ses murailles, du roi Œdipe et de la rivalité de ses deux fils, Étéocle et Polynice, qui culmina dans l’expédition des Sept contre Thèbes ainsi que celle de la prise et de la destruction de la ville par les Épigones. Citons également le retour de Dionysos, l’introduction de son culte à Thèbes (les Bacchantes d’Euripide) et la naissance et les exploits d’Héraclès.          Du point de vue historique, Thèbes fut la cité la plus importante de Béotie et, à partir de 519 av. J.-C., elle devint une grande rivale d’Athènes. En 479 av. J.-C., lors de l’invasion perse de la Grèce par Xerxès Ier, les Thébains appuyaient les envahisseurs et se battirent contre la confédération des cités grecques à Platées. Lorsque la guerre du Péloponnèse éclata en 431 av. J.-C., Thèbes s’allia à Sparte et souhaitait la destruction d’Athènes à la fin de la guerre. Elle commença toutefois à craindre de plus en plus son puissant allié et, durant la guerre de Corinthe (395 av. J.-C.-386 av. J.-C.), elle s’allia à Athènes, Corinthe et Argos contre Sparte. Un profond antagonisme se fit jour entre Thèbes et Sparte, et la lutte qui s’ensuivit permit à Thèbes d’exercer brièvement la suprématie sur la Grèce grâce à la victoire d’Épaminondas à Leuctres en 371 av. J.-C., mais  cela  cessa  avec  sa  mort à Mantinée en 362 av. J.-C. L’éloquence de Démosthène convainquit les Thébains de s’unir aux Athéniens contre l’usurpateur Philippe II, roi de Macédoine, mais l’union de leurs forces ne servit à rien et, en 338 av. J.-C., lors de la bataille de Chéronée, la puissance dela Grèce fut écrasée. Après la mort de Philippe, les Thébains tentèrent, sans succès, de recouvrer leur liberté. Leur cité fut détruite en 335 av. J.-C. par le fils et successeur de Philippe, Alexandre le Grand, qui vendit les survivants comme esclaves. On raconte qu’Alexandre n’épargna que les temples et la maison de Pindare. Bien que reconstruite en 315 av. J.-C. par le roi Cassandre de Macédoine et malgré une époque prospère, elle se réduisait à un malheureux village dès le Ier siècle av. J.-C. Le site de l’acropole est occupé par la ville moderne de Thèbai.                                                                                                                     Encyclopédie Encarta 2005
SCENE III (  PP 22-31)      ANTIGONE, ISMENE      RESUME Antigone et Ismène abordent une conversation qui porte sur un sujet très sérieux. Les deux sœurs s’opposent pratiquement en tout, mais cette différence n’influe guère sur l’affection qu’elles nourrissent l’une pour l’autre. Antigone révèle son intention d’enterrer le corps de Polynice malgré le décret royal. Ismène tente de la dissuader mais sans résultat. AXES DE LECTURE  I- La blonde et la noiraude Ismène jouit d’une grande beauté. Antigone, quant à elle,  est affligée d’un physique ingrat qui ne lui attire pas l’admiration des hommes. Ce constat se remarque également dans le portrait moral des deus personnages.
I-1- Ismène essaie de convaincre sa sœur  de revenir sur sa décision. Elle évoque son droit d’aînesse et rappelle  sans cesse qu’elle est  la plus sage :  « Je réfléchis (…) J’ai raison plus souvent que toi. » Mais ces arguments ne donnent rien. Alors, elle exprime la peur qui s’empare d’elle pour attendrir Antigone qui reste sourde à ses supplications : Moi, tu sais, je ne suis pas très courageuse (…) Ils nous hueront…ils nous cracheront au visage.(…) Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple.(…) Il est plus fort que nous Antigone.
I-2- Antigone a une seule idée en tête et elle compte la mettre en pratique coûte que coûte. Elle rejette en bloc les justifi-cations de sa sœur et se montre fermement résolue à aller jusqu’au bout  du défi  qu’elle a lancé à Créon :  Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.(…) Toujours  comprendre. Moi, je  ne  veux rien comprendre.(…) Lui, il doit nous faire mourir, et nous , nous devons aller  enterrer notre frère.
II- Une lutte contre les adultes Pour toute réponse aux arguments d’Ismène, Antigone évoque ce qu’elle a enduré  dans son enfance à cause des adultes. Ces souvenirs douloureux la conforte dans l’affrontement du roi, l’autorité suprême  de Thèbes : Quand j’étais petite, j’étais très malheureuse.(…)Il fallait comprendre qu’on ne peut toucher l’eau. Il fallait comprendre qu’on ne doit pas tout manger à la fois…
SCENE IV (PP 31-36) ANTIGONE, LA NOURRICE RESUME
Antigone qui a explosé de colère face à Ismène se montre très calme en présence de sa nourrice. Elle se confie corps et âme à la vieille femme pour être réconfortée. Au fil des répliques, la jeune fille dévoile partiellement son projet, mais la nourrice ne saisit pas le sens caché  de ses propos. Le mystère l’inquiète énormément. Comme d’habitude, elle réagit dans un langage familier et prouve encore une fois qu’elle est complètement dépassée par les événements. AXES DE LECTURE I- Souffrance et réconfort    Antigone évoque son passé dominé par la peur, l’obscurité et les interdits. Mais la nourrice qui s’est chargée de son éducation après la mort de Jocaste veillait constamment sur elle et la protégeait contre tous les dangers. L’épanchement [5] de la jeune fille trahit son extrême sensibilité et son besoin d’affection. D’ailleurs, le fait de s’attacher encore à la nourrice est la preuve  qu’elle se considère encore comme une enfant :  Nounou plus forte que le cauchemar, plus forte que l’ombre (…) plus forte que les mille insectes (…) plus forte que la nuit elle-même (…)- Nounou plus forte que la mort. II- Les signes avant-coureurs de la tragédie   Antigone change subitement d’attitude. Elle devient sombre et pensive. Nous comprenons, à la lumière des informations fournies précédemment, qu’elle se prépare à exécuter sa menace d’enterrer son frère. Elle est consciente que son acte lui attirera de graves conséquences ainsi qu’ à ceux qui l’entourent. La nourrice, un personnage plus proche de la comédie que de la tragédie, ne comprend  rien aux allusions de sa protégée qui sonnent comme les propos d’un triste adieu. Tout laisse donc présager que le mécanisme tragique ne tardera pas à se déclencher.
SCENE V (PP 37-44) ANTIGONE, HEMON RESUME   Antigone et Hémon se réconcilient après une dispute amoureuse. La jeune fille profite de ce retour à la normale pour demander à son fiancé s’il l’aime vraiment, et s’il ne regrette pas de l’avoir choisie au lieu d’Ismène. Après lui avoir avoué  qu’elle est prête à se donner à lui  sans la moindre hésitation, elle lui fait jurer de ne  poser aucune question sur la décision  qu’elle a prise et qui consiste à se séparer de lui. La dimension tragique réside tout entière  dans le sens  du verbe « se séparer » différemment compris par les deux personnages.
AXES DE LECTURE I- Une extrême sensibilité En présence de son fiancé, Antigone fait montre d’une grande douceur.  Elle se détache de l’enfance où elle s’est toujours réfugiée et se comporte désormais en femme mûre et responsable qui déborde de maternité. L’amour réussit là où échouent les hommes : – Elle se sert contre lui un peu plus fort.(…)Et serre-moi plus fort que tu ne m’as jamais serrée. Que toute ta force s’imprime dans moi.(…) Oh, je l’aurais serré si fort qu’il n’aurait jamais eu peur.(..) Notre petit garçon, Hémon ! Il aurait eu une maman  toute petite.(…) Et tu crois aussi, n’est-ce pas, que toi tu aurais eu une vraie  femme ?(…) Oh ! Tu m’aimais, Hémon, tu m’aimais, tu en es bien sûr ce soir là ?(..) Tu es bien sûr qu’à ce bal où tu es venu tu ne t’es pas trompé de jeune fille ?(…) Tu m’aimes n’est-ce pas ?           II- Le déclenchement du mécanisme tragique Antigone se montre plus résolue que jamais à accomplir sa mission. La manière dont elle parle à son fiancé est la preuve que l’exécution de son plan est proche. En blessant la sensibilité d’Hémon, elle assène un premier coup douloureux à Créon, son père. – Voilà, maintenant, je vais te dire encore deux choses. Et quand je les aurais dites, il faudra  que tu sortes sans me questionner. Même si elles  te paraissent extraordinaires, même si elles te font de la peine. Jure-le moi.(…) C’est la dernière folie que tu auras à me passer.(…) Je vais te faire de la peine, ô mon chéri pardon ! Sors, sors tout de suite sans rien dire .(…) Pas maintenant, pars vite. Tu le sauras demain. .
SCENE VI (PP 45- 46)   ANTIGONE, ISMENE RESUME  Ismène tente de raisonner sa sœur pour qu’elle renonce à sa folie, mais Antigone se montre inflexible. Avant de quitter son aînée, elle lui apprend qu’elle a déjà accompli son acte. Elle a enfreint le décret de Créon en enterrant  Polynice. Il n’y a plus rien à faire.
AXES DE LECTURE   I- Mission accomplie Antigone a fait allusion, de manière implicite, à son acte dans sa conversation avec la nourrice et avec Hémon. Dans son dialogue avec Ismène, elle le révèle pour la première fois. C’est le signe que la machine infernale a bel et bien été mise en marche : – Antigone s’est levée, un étrange sourire sur les lèvres, elle va vers la porte et du seuil, doucement, elle dit : C’est trop tard. Ce matin, quand tu m’as rencontrée, j’en venais.  
II- Les arguments affectifs Ismène essaie d’abord de convaincre sa sœur en visant sa raison. Mais Antigone n’est pas le genre de fille à réfléchir aux conséquences d’une décision prise avec conviction. Alors l’aînée s’adresse à sa cadette en développant une argumentation basée sur les sentiments : Nous sommes tous là autour de toi, Hémon, nounou, et moi et Douce, ta chienne…Nous t’aimons et nous sommes vivants, nous, nous avons besoin de toi. Cette approche, elle non plus, ne donne aucun résultat.                             
SCENE VII (PP 46-53) CREON, LE GARDE RESUME Jonas, le garde, informe Créon que le cadavre de Polynice a été couvert de terre. Hors de lui, le roi donne des ordres pour qu’on retrouve immédiatement celui qui a osé enfreindre sa loi. Mais le maître de Thèbes retrouve peu à peu son calme. Il enjoint au garde de ne pas divulguer le secret et le menace de mort en cas de désobéissance. AXES DE LECTURE I- Le bouffon [6] de la tragédie  Le garde s’avère dès sa première apparition un personnage plus proche de la comédie que de la tragédie. Son langage familier, parfois vulgaire, son attitude risible [7] et la peur panique qui le prend devant le roi le transforme en bouffon. Sa lâcheté contraste vivement avec  son métier de soldat qui le destine au maniement des armes et à l’affrontement de l’ennemi : – On n’a pas parlé  chef, je vous le jure. (…) Si on parle, ce sera les autres, ça ne sera pas moi.(…) Chef, j’ai deux enfants. Le comique de répétition provoqué par les occurrences du mot « chef » achève le portrait caricatural du personnage.
II- Un roi autoritaire Créon se sent personnellement visé par le défi qui lui a été lancé. Ses réactions  exprimées  sur un ton coléreux trahissent son caractère de chef autoritaire soucieux de préserver son pouvoir contre toutes sortes  menaces :  Qui a osé ? Qui a été assez fou pour braver ma loi ? (…) Ecoute bien. Votre garde est doublée. (…)Renvoyez la relève. Voilà l’ordre.(…) Et pas un mot. Vous êtes coupable de négligence, vous serez punis de toute façon.(…) A qui avez-vous déjà parlé de cette affaire ?
SCENE VIII (PP 53-55) LE CHŒUR RESUME Le Chœur explique au public les différences qui existent entre la tragédie et la comédie, deux genres dramatiques diamétralement opposées. Dans son intervention, il procède à une sorte d’autopsie morale de l’héroïne qui « va pouvoir être elle-même pour la première fois. » AXES DE LECTURE I- Tragédie et drame La tragédie est une véritable bombe  qui peut se déclencher à tout moment. Il suffit d’un rien pour que le  mécanisme de mise à feu s’active : – On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans l’air, une envie d’honneur, un beau matin, au réveil, comme de quelque chose  qui se mange, une question de trop qu’on se pose un soir…c’est tout. Le drame, quant à lui, met en scène des personnages divisés en deux catégories opposées : les Bons et les Méchants. Sa fin est heureuse, chose qui arrange fort bien le public. Il présente un monde peint en couleurs optimistes où l’on continue à s’accrocher à l’espoir : Dans  le  drame, avec  ces  traîtres, avec ces méchants acharnés, cette   innocence  persécutée, ces  vengeurs, ces terre-neuves….(…) On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes.(…) Dans le drame, on se débat parce qu’on espère s’en sortir.  
SCENE IX (PP 55-60)    LE GARDE, ANTIGONE RESUME   Antigone est surprise en train de couvrir de terre le corps de Polynice. Elle informe les gardes qu’elle est la fille d’Œdipe, mais les rustres ne la croient pas. Ils se moquent d’elle  et la traitent avec rudesse comme une vulgaire  vagabonde. AXES DE LECTURE   I- Des personnages de drame   Les gardes n’ont pas leur place dans la tragédie définie précédemment comme un art noble et propre parce qu’ils sont sales et égoïstes. Leur langage vulgaire souligne la bassesse de leur condition caractérisée par la lâcheté et la cupidité : – Moi, je ne connais que la consigne.(..) – La fille d’Œdipe, oui ! Les putains  qu’on ramasse à la garde de nuit ,elles disent aussi  de se méfier.(…) Et c’est qu’elle se débattait la garce.          Les autres défauts des gardes ( mauvais pères,  ivrognes et  hommes lubriques [8]…) illustre bien la définition du drame donnée par le cœur :  c’est un genre « ignoble ».  
II- L’importance de la scène   Le récit du garde permet aux spectateurs de découvrir certaines informations nécessaires à la compréhension de l’intrigue : retour d’Antigone auprès du cadavre de son frère, son arrestation par les gardes, sa résistance, etc. – Elle était là à gratter comme une petit hyène.(…) Elle se débattait la garce quand j’ai voulu la prendre. – C’est qu’elle voulait me sauter aux yeux.(…) Elle  criait qu’il fallait qu’elle finisse.      
SCENE X (PP 60-64)    ANTIGONE, CREON, LES GARDES
RESUME Antigone est emmenée devant Créon. Ce dernier pense d’abord qu’il s’agit d’une erreur et menace  les gardes des pires châtiments. Mais la jeune fille reconnaît son « crime » sans la moindre hésitation. Le roi essaie de la protéger ; il enferme les gardes et ordonne au page de les surveiller de près. AXE DEC LECTURE   I- L’interrogatoire   Antigone et Créon se trouvent face à face. La présence des gardes oblige le maître de Thèbes à agir en roi et non en parent de l’accusée. Il se comporte d’abord comme un homme de loi qui cherche à confirmer les faits. Il commence donc par interroger les gardes : – Sais-tu bien  ce que tu es en  train de dire, toi ? C’est vrai ? Ensuite, il s’entretient avec Antigone. Les réponses  de cette dernière dissipent définitivement ses doutes : – Oui, c’est vrai ; Oui, c’était moi. Créon se trouve  dans une situation  très difficile. Doit-il agir en roi ou en oncle envers Antigone ? Finalement, il opte pour la deuxième alternative : – Conduis ces hommes à côte petit. Et qu’il restent au secret jusqu’à ce que je revienne les voir.      
SCENE XI ( PP 64-97)   CREON, ANTIGONE
RESUME   Créon fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Antigone, mais cette dernière continue à reconnaître sa culpabilité avec entêtement. Pour montrer à sa nièce que son acte est absurde, le roi lui révèle certains secrets de famille particulièrement choquants qui trahissent l’horreur du monde politique. Profondément touchée par ces déclarations, Antigone s’apprête à se retirer quand Créon prononce le mot « bonheur ». En l’entendant, elle se révolte contre la vie médiocre que lui promet son oncle qui tente vainement de la réduire au silence.   AXES DE LECTURE   I- La fille d’Œdipe   Antigone n’aime pas les compromis. Elle veut assumer pleinement les conséquences de son acte. Elle  n’implore pas une seule fois la pitié ou la clémence du redoutable roi : – Je le devais ; Je le devais tout de même ; Oui, je le savais. Cette attitude obstinée rappelle à Créon le tempérament inflexible d’Œdipe qui  a tenu à assumer son destin tragique jusqu’au bout : – Tu as peut-être cru que d’être la fille d’Œdipe, la fille de l’orgueil d’Œdipe , c’est assez pour être au-dessus de la loi. – Orgueilleuse ! Petite Œdipe ! L’orgueil d’Œdipe ! Tu es l’orgueil d’Œdipe.   II- La volonté de s’affirmer   Antigone avoue à Créon qu’elle a défié sa loi uniquement pour se prouver qu’elle est libre, libre de faire ce qu’elle veut même si cette liberté peut lui attirer les pires ennuis : – Pour personne, pour moi ; Faites comme moi, faites ce que vous avez à faire. – Moi, je n’ai pas  dit « oui ». Moi je peux dire « non » encore à tout ce que je n’aime pas et je suis seul juge ; Je suis là pour vous dire non et pour mourir. III- La politique   Le monde politique incarné par Créon est décrit comme étant sale, impitoyable et répugnant. Les décisions prises par ceux qui gouvernent ne jouent que sur les apparences. Elles cachent la vérité au peuple pour réaliser d’horribles desseins. – Mais pour que les brutes que je gouverne comprennent, il faut que cela pue le cadavre de Polynice. – On tire dans le tas sur le premier qui s’avance. Dans le tas ! Cela n’a pas de nom. – J’ai envie de faire un héros de l’un d’eux (…) J’ai fait ramasser un des corps, le moins abîmé des deux, pour mes funérailles nationales. Ces tristes aveux ravivent la colère d’Antigone qui affronte Créon, les yeux plissés de dégoût . Pour elle, la politique n’est rien d’autre qu’une cuisine sordide où l’on prépare les complots les plus odieux : – Non, je ne me tairai pas.(…) Tu veux me faire taire cuisinier ? (…) Pourquoi veux-tu me faire taire ? Vous me dégoûtez avec votre bonheur.(…) Vous avez des têtes de cuisiniers. (…)Tu m’ordonnes cuisinier ? Tu crois que tu peux m’ordonner quelque chose ? Allons, vite cuisinier, appelle tes gardes.        
SCENE XII (PP 97-99)                                                                        
ISMENE, ANTIGONE RESUME   Ismène change d’opinion. Elle se confond en excuses et se montre prête à mourir avec Antigone. Mais cette dernière rejette son sacrifice pour ne pas l’impliquer dans une affaire qui la dépasse. Cependant, l’héroïne se sent plus forte dans son combat contre Créon. Elle vient de gagner le soutien  d’une première alliée.   AXES DE LECTURE   I- Une intervention timide   Ismène, une jeune fille connue pour être peu courageuse, change subitement d’attitude. Pourquoi ? sans doute parce qu’elle craint la solitude à laquelle elle sera condamnée après la mort d’Antigone. Ce n’est donc pas précisément un acte de bravoure, mais une autre manifestation de la peur qui l’a toujours hantée : – Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens , j’ai du courage. J’irai maintenant avec toi. Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! – Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! – Je ne veux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi.  
II- Une attitude intransigeante
  Antigone réagit violemment face à sa sœur. Elle refuse de l’associer à son défi parce que les héroïnes tragiques préfèrent mourir seules, sans partager leur gloire avec autrui. – Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi ! -Tu as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades. – C’est moi, moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas mourir avec moi maintenant. – Il fallait y aller ce matin, à quatre pattes, dans la nuit. Il fallait aller gratter la terre avec tes ongles pendant qu’ils étaient tout près et te faire empoigner par eux comme une voleuse. III- Le verdict   Créon n’en peut plus. Il prononce enfin sa sentence parce qu’il a peur qu’Antigone ne rallie d’autres personnes à sa cause. La mort n’intimide guère l’héroïne qui y voit une délivrance susceptible de la soulager du poids écrasant dont elle souffre. Le dénouement tragique est bel et bien fixé. La question que se pose le spectateur à présent est la suivante : Quand la jeune fille sera-t-elle exécutée ?      
SCENE XIII (PP 99-100)   LE CHŒUR, CREON
RESUME   Le Chœur tente de faire revenir Créon sur sa décision et l’amener à gracier Antigone. Mais le roi campe sur sa position. Sa nièce tient absolument à mourir. Il n’ y peut plus rien pour elle. Désormais, elle est la seule responsable de la triste fin qui l’attend.  
AXE DE LECTURE   I- La fin d’une héroïne tragique
  Antigone, tragédie oblige, ne peut pas rester en vie. Créon, de son côté ne peut la condamner à vivre. Dans cette situation désespérée, le roi parle de sa nièce à l’imparfait, comme si elle n’existait plus : – Il fallait qu’elle meure. – C’est elle qui voulait mourir. – Antigone était faite pour mourir. – Ce qui importait pour elle, c’était refuser et mourir. En choisissant librement la mort, Antigone condamne d’autres personnes à la souffrance et à la solitude (sa nourrice, sa sœur et Hémon). Créon, non plus, n’échappe pas à l’onde de choc causée par l’acte fatal de l’héroïne comme nous le verrons plus loin.      
SCENE XIV (PP 100-106)   HEMON,CREON, LE CHŒUR
RESUME   Hémon implore désespérément son père de sauver Antigone, en vain. Le Chœur tente de son côté d’attendrir le roi, mais il n’aboutit à aucun résultat. Le sort de l’héroïne est scellé. Il ne reste plus qu’à fixer la date de l’exécution. D’ailleurs, les Thébains se rassemblent déjà et réclament la tête de la condamnée.   AXES DE LECTURE   I- La défaillance de la raison   Tous les actes qui sortent de l’ordinaire sont qualifiés de « folie ». Le fréquent retour de cette   idée   sous   forme   de   substantif  ou  d’adjectif  souligne  le  déréglemente  des  sens  des personnages qui conduit inévitablement à la mort : – Tu es fou père. Lâche-moi ! Elle a préféré sa folie et la mort. – Est-ce qu’on ne peut pas imaginer quelque chose, dire qu’elle est folle, l’enfermer ?   II- Un allié de taille   En déclarant à Créon « Crois-tu que je pourrais vivre, moi, sans elle ? », Hémon exprime explicitement son attachement à sa fiancé et sa ferme détermination de la suivre dans la tombe. Cette révélation déstabilise Créon. Antigone va lui enlever l’être auquel il tient le plus au monde, son fils et son successeur. Elle le frappe dans sa chair. L’attitude d’Hémon brise également l’image paternelle qu’il s’est faite de Créon. Il s’agit d’une révolte dans tous les sens du terme :  Cette grande force et ce courage, ce dieu géant qui m’enlevait dans ses bras (…) c’était toi ?(…) Quand tu me montrais des livres dans ton bureau, c’était toi, tu crois ? – Tous ces soins (…) c’était donc pour arriver là ? Toutes les supplications du fils s’avèrent inutiles. Créon l’a déjà dit. Il est le maître avant la loi et non après. Son impuissance soulignée par la phrase « Je ne peux pas » creuse le désespoir du jeune homme qui n’a plus qu’une seule issue devant lui : la mort.      
SCENE XV (PP 106-118)   ANTIGONE, LE GARDE
RESUME   Antigone est étroitement surveillée. Le garde qui la serre de près reste indifférent à ses souffrances. Il ne pense qu’à sa promotion et aux avantages matériels qu’il va  en tirer. Au fil du dialogue qu’il engage  avec sa prisonnière, il lui révèle qu’elle sera murée vivante. Antigone accueille cette nouvelle avec un calme digne d’une héroïne tragique. Elle arrive à convaincre son garde, moyennant une bague en or, d’écrire une lettre pour elle dans  laquelle elle exprime son regret d’avoir commis un acte absurde.   AXES DE LECTURE  
I- La colère des Thébains   La foule s’entasse bruyamment devant la porte du palais ; elle veut s’emparer d’Antigone et lui infliger le châtiment qui lui est réservé. Créon se prépare à la riposte et manifeste son dégoût pour la populace qui hurle à l’extérieur : « Je ne veux pas voir leurs visages, je ne veux plus entendre leurs voix ». Il est prêt à mettre en pratique la démarche qu’il a expliquée à Antigone : «  On gueule un ordre et on tire dans le tas, sur le premier qui s’avance. Dans le tas ; cela n’a pas de nom. »   II- Le garde   Le garde chargé de surveiller Antigone offre une image sordide de l’espèce humaine. Son air froid, sa cupidité et son souci de l’avancement en grade répugnent la captive qui vit ses derniers moments. – Allez, allez, pas d’histoires ! si ce n’était pas vous, c’était moi qui y passais.(…) Moi, je n’ai jamais été blessé . Et, d’un sens, ça m’a nui pour mon avancement. Le comportement du garde s’oppose en tout à l’attitude d’Antigone. Pendant que cette dernière chante sur un ton poétique la solitude du tombeau, il se fait une chique.     III- L’effondrement d’Antigone   La perspective de la mort désarme  complètement  Antigone. Cette  dernière  qui  a toujours  refusé  de vivre regrette d’avoir accompli un acte absurde. Pour la première fois, elle reconnaît la sagesse de  son sagesse de son oncle qui a tout fait pour lui venir en aide :  « Et Créon avait raison , c’est terrible, maintenant, à côté de cet homme. Je ne sais plus pourquoi je meurs. J’ai peur (…) Je le comprends seulement maintenant combien c’était simple de vivre. » Cependant, la jeune fille s’efforce de cacher son effondrement intérieur. Elle tient à paraître grande aux yeux des autres même si cela ne sert plus à rien.                                                                                                                                                 
SCENE XVI (PP 118-119)        
LE CHŒUR, LE MESSAGER RESUME   Le Chœur entre en scène ; il est immédiatement suivi du Messager qui fait le récit des événements qui se sont déroulés dans les coulisses. Antigone s’est pendue avec les fils de sa ceinture  dans le tombeau  où  se trouvait également Hémon. Ce dernier, au comble du désespoir, menaça de tuer Créon, puis il lui cracha au visage et se donna la mort à son tour.     AXE DE LECTURE  
I- La fonction du récit   L’intervention du Messager est importante dans la mesure où elle apprend au public des événements qui n’ont pas eu lieu sur scène. Respectant la règle des bienséances fixée par les dramaturges classiques, Anouilh épargne au public des images éprouvantes susceptibles de le choquer. Les faits dominés de bout en bout par la mort et le sang sont présentés dans le cadre d’un récit détaillé et non sous forme de spectacle. Grâce à un discours qui gagne en vivacité et en dynamisme au fur et à mesure que progresse la narration du Messager, l’auteur parvient à visualiser l’horreur tout en ménageant la sensibilité des spectateurs.  
II- Créon et la tragédie   Créon occupe une place centrale dans le récit du Messager d’abord en sa qualité de roi, puis en sa qualité de père et d’oncle. Il assiste directement à l’accomplissement de la tragédie.  Le suicide d’Antigone et d’Hémon reflète sa propre chute. Etant le numéro 1 de Thèbes, il attire for-cément l’attention de la foule qui assiste à l’effondrement de son maître : – Tous regardent Créon, et lui qui a deviné le premier lui qui sait déjà avant tous les autres … – (Il) hurle soudain comme un fou (…) Le roi suant dont les mains saignent…                                                              
SCENE XVII (PP 119-122)   LE CHŒUR, CREON, LE PAGE  
RESUME   Le roi rentre au palais, complètement effondré. Là, le Chœur lui assène une terrible nouvelle. La reine Eurydice s’est donnée la mort après avoir appris le suicide de son fils avec Antigone. La solitude du roi devient plus insoutenable que jamais. Mais la raison d’Etat doit continuer à régner. Son rôle de roi passe avant toute autre considération.   AXES DE LECTURE   I- L’union dans la mort   Dans la tragédie d’Anouilh, l’amour n’a aucune chance de se réaliser dans la vie à cause des nombreux obstacles posés par les adultes. Ce constat s’applique parfaitement bien à Antigone et à Hémon. C’est dans la tombe où ils gisent côte à côte qu’ils trouvent  enfin la plénitude tant recherchée : – Je les ai fait coucher l’un près de l’autre enfin ! (…)Reposés. Ils sont seulement un peu pâles, mais si calmes. (…) Deux amants au lendemain de la première nuit. Ils ont fini, eux.   II- Eurydice   Totalement éclipsée dans la pièce, Eurydice ne participe pas au déclenchement de l’intrigue, mais elle participe au dénouement tragique de la pièce. La vie qu’elle a menée et son suicide interpellent de nombreuses remarques. La reine a toujours vécu comme une esclave qui répète les mêmes gestes. Elle représente exactement ce qu’ Antigone déteste le plus au monde : un bonheur médiocre fait de petites joies passagères et d’une souffrance muette. Sa disparition condamne Créon à une effroyable solitude. Le palais devient exactement comme un tombeau pour le roi : « Tout seul, oui. » se dit-il.        
SCENE XVIII (PP 122-123)   LE CHŒUR, LES GARDES   RESUME   Le Chœur se manifeste pour la dernière fois. Il parle de ceux qui sont morts et de ceux qui restent en vie, ainsi que des conséquences de la tragédie sur Thèbes qui  s’est enfin apaisé. Les gardes, indifférents à ce qui se passe autour d’eux, continuent à jouer aux cartes comme si de rien n’était. La tragédie qui a violemment secoué le royaume de Créon ne les concerne en rien :   « Ce n’est pas leurs oignons ».  
AXES DE LECTURE   I- La vie après la tragédie   Le calme revient à Thèbes qui a été ébranlé par l’acte de l’intransigeante Antigone. Mais la folie de l’héroïne est contagieuse ; elle a entraîné d’autres victimes dans son sillage. Le roi qui n’a qu’un petit page pour compagnon « va commencer à attendre la mort ». Les héros sont morts parce que la tragédie veut que ça se passe ainsi, mais les êtres insignifiants continuent à vivre parce qu’ils n’ont aucun idéal à défendre L’allusion est faite ici aux gardes bien évidemment.   II- Les gardes   Les gardes ne se soucient guère des événements qui se précipitent à une vitesse vertigineuse. Ils sont complètement absorbés par le jeu de cartes. Ces personnages sortis tout droit du drame symbolisent le triomphe de la médiocrité. Ils vivent au jour le jour et ne se posent pas de question sur le vrai sens de l’existence. Pour eux, la pièce se termine exactement comme elle a commencé. Cette remarque accentue leur isolement. Ils restent en vie parce qu’ils ne peuvent pas mourir dignement comme les vrais héros :Eux, tout ça , ça leur égal ; ce n’est pas leurs oignons.      
EXPLICATION DES MOTS UTILISES DANS LA PIECE     L A N G U E  
LE LEXIQUE DU THEATRE        OBSERVATION   Dans Antigone de Jean Anouilh, Le Chœur explique la différence entre le drame et la tragédie au moyen d’une tirade développée en 52 lignes, de la page53 à la page 55. Les deux genres dramatiques sont comparés selon un système d’opposition : dans le drame, l’intrigue est conçue de manière à assurer un dénouement heureux à l’histoire; par contre, dans la tragédie tout bascule subitement dans le chaos qui  déclenche une suite de péripéties couronnées par la mort du héros vaincu par un destin implacable.   DECOUVERTE   1- Quel est le point commun entre les mots en rouge ? 2- Lesquels de ces mots désignent les éléments d’une pièce ? Lesquels désignent des genres théâtraux ?   A RETENIR Le lexique relatif au théâtre est très vaste. On peut le répartir en quatre grandes catégories : le lexique qui désigne les différentes parties du théâtre en tant que bâtiment, le lexique qui désigne les différentes parties d’une pièce théâtrale, le lexique qui désigne les genres dramatiques et le lexique  qui désigne les accessoires.   EXERCICES (l’utilisation du dictionnaire est fort recommandée)   I- Les différentes parties du théâtre en tant que bâtiment   Relie les éléments de la colonne A à ceux qui leur correspondent dans la colonne B. Exemple :  1/ f  
A B   1 – Cantonade 2 – Avant-scène 3 – Cintres 4 – Corbeille 5 – Côté cour 6 – Côté jardin 7 – Loge 8 – Paradis/ Poulailler 9 – Parterre       10 – Rampe   a- Côté de la scène à gauche de l’acteur regardant la scène. b- Galeries supérieures. c- Rangée de lumières disposées au bord de la scène. d- Loge située de part et d’autre  de la scène. e- Rez-de-chaussée de la salle de spectacle. f- Coulisse g- Balcon situé au-dessus de l’orchestre. h- Compartiment contenant plusieurs sièges. i- Parties situées au-dessus de la scène où l’on remonte les décors. k- Côté de la scène à droite de l’acteur regardant la scène. II- Le différentes parties d’une pièce de théâtre Même consigne que l’exercice 1 A B   1-Aparté   2-Parler à la cantonade Argument   3-Coup de théâtre   4-Dénouement   5-Dialogue   6-Didascalies   7-Episode   8-Exposition   9-Stichomythie         10-Monologue       11-Nœud   12-Péripéties   13-Réplique   14-Tirade   15-Intrigue   16-Argument   a- Indications pour guider le jeu des acteurs.   b-Partie faisant un tout comme un chapitre dans un roman.   c-Réplique que l’acteur fait semblant de chuchoter à un autre tout en parlant à haute voix et qui est destiné aux spectateurs.   d- L’acteur ne parle pas à un acteur précis mais prend tout le monde à témoin.   e-Sujet, résumé de la pièce.   f- Evènement imprévu qui bouleverse subitement le déroulement de l’action.   g-Echange verbal entre deux ou plusieurs person-nages.   h-Histoire avec tous ses détails racontée par la pièce.   i- Lorsqu’un acteur parle seul sur scène.   j- Evènements qui amènent la crise d’où sort le dénouement.   k- Phrases qui constituent un dialogue.   l- Partie de la pièce où l’intrigue se complique.   m- Longue réplique.   n- dialogue où les personnages se répondent mot à mot.   o- Première(s) scène(s) de la pièce servant à introduire les personnages. III- Les genres dramatiques Même consigne que l’exercice 1  
A B 1- Comédie 2- Mélodrame 3- Ballet 4- Miracle ou mystère 5- Tragédie 6- Vaudeville 7- Farce 8- Tragi-comédie a- Pièces avec des personnages nobles à fin malheureuse. b-Mêmes personnages que la tragédie mais la fin est heureuse. c- Pièce mettant en scène les bons sentiments. d- Pièce comique assez forcé (coups, déguisements). e- Pièce à sujet religieux au Moyen âge. f- Spectacle avec chant et danse. g- Pièce comique à fin heureuse. h- comédie légère au comique un peu lourd.  
LA DOUBLE  ENONCIATION    OBSERVATION OCTAVE. – Ah fâcheuses nouvelles pour un cœur amoureux ! Dures extrémités où je me vois réduit ! Tu viens Silvestre, d’apprendre au port que mon père revient ? SILVESTRE.- Oui. OCTAVE.- Qu’il arrive ce matin-même ? SILVESTRE.- Ce matin même. OCTAVE.- Et qu’il revient dans la résolution de me marier ? SILVESTRE.- oui                                                                                             Molière, Les Fourberies de Scapin, acte I , scène 1.   DECOUVERTE   1-Précise les personnages en présence, l’acte et la scène d’où est tiré cet extrait. 2- Relève l’expression qui montre que Silvestre a déjà parlé à Octave avant cette scène au sujet du retour de son père et de son prochain mariage. 3- A qui sont donc destinées les informations contenues dans ce passage ?   A RETENIR   Le dialogue théâtral se déroule entre les acteurs d’un côté, et entre les acteurs et les spectateurs de l’autre. C’est ce qu’on appelle la double énonciation. L’échange verbal entre les personnages d’une pièce contient souvent des informations ignorées du public. Pour mettre ce dernier au courant des faits, l’auteur arrange une scène dans laquelle il rappelle des événements antérieurs ( exemple de Molière ci-dessus) ou qui se sont passés dans les coulisses. EXERCICES   1-Dans cet extrait d’Antigone de Jean Anouilh, le messager s’adresse à deux destinataires distincts. Précise-les et repère les informations qui leur sont  communiquées.  
LE MESSAGER, fait irruption, criant. La reine ? où est la reine ? LE CHŒUR.- Que lui veux-tu ? Qu’as-tu à lui apprendre ? LE MESSAGER.- Une terrible nouvelle. On venait de jeter Antigone dans son trou (…) lorsque Créon et tous ceux qui l’entourent entendent des plaintes qui sortent soudain du tombeau (..) Les pierres bougent enfin (…) Antigone est au fond de la tombe pendue aux fils de sa ceinture (…) et Hémon à genoux qui la tient dans ses bras. (…) On bouge un bloc encore et Créon peut descendre.(…) Hémon regarde ce vieil homme tremblant à l’autre bout de la caverne et, sans rien dire, il se plonge l’épée dans le ventre.   2- Même exercice avec la réplique du Chœur,  Antigone p. 120.
LE REGISTRE TRAGIQUE
OBSERVATION Dans cet extrait, Andromaque, veuve d’Hector, se souvient de la chute de Troie  devant l’armée de Pyrrhus qui la tient prisonnière dans son palais.      Dois-je les oublier, s’il ne s’en souvient plus ? Dois-je oublier Hector privé de funérailles, Et traîné sans honneur autour de nos murailles ? Dois-je oublier son père à mes pieds renversé, Ensanglantant l’autel qu’il tenait embrassé ? Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle. Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants, Entrant à la lueur de nos palais brûlant Sur tous mes frères morts se faisant un passage, Et de sang tout couvert échauffant le carnage[9] Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants, De la flamme étouffée, sous le fer expirant, Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue.                                                                  Jean Racine, Andromaque
 (tragédie). DECOUVERTE   1- Que désigne le mot « tragédie » dans le langage courant ? Que désigne-t-il dans le langage théâtral ? 2- Place les mots en rouge dans le tableau suivant :               LA  MORT            LE  SANG                LE  FEU         L’HORREUR 3- Quelle est l’impression qui se dégage de ce relevé ?   A RETENIR         Dans le langage courant, la tragédie désigne tout événement douloureux qui frappe l’homme (mort, catastrophes, accidents,…) Dans l’art dramatique, elle renvoie à œuvre spécifique qui met en scène un héros aux prises avec la fatalité  et qui se termine par sa mort. Le registre tragique se caractérise par  l’emploi  d’un lexique noble et solennel souvent en rapport avec le destin, d’un vocabulaire moral qui exprime à la fois l’impuissance et la révolte,d’un lexique relatif au malheur et à la souffrance, de phrases interrogatives et exclamatives,d’apostrophes ( O tombeau ! O lit nuptial ! O ma demeure souterraine ! ).   [1] – Dieu grec de la Vigne, du Vin et de la Végétation (Bacchus pour les Romains). [2] – Situation qui présente deux alternatives aussi difficile l’une que l’autre. [3] – Réaction psychologique par laquelle on se libère de quelque chose qui choque ou qui blesse [4] – Attribution à une époque ce qui appartient à une autre. Les  chapeaux des gardes et le jeu de cartes sont des anachronismes. Ce sont des phénomènes du XX ème siècle qu’Anouilh a introduits dans une tragédie antique. [5] – Le fait de communiquer ses  sentiments et ses pensées intimes à quelqu’un. [6] – Personnage comique de théâtre. Personne qui cherche à amuser par ses plaisanteries. [7] – Qui fait rire, qui prête à rire. [8] – Qui ne pensent qu’aux plaisirs sexuels.

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Author: Prof.Ziani

4 thoughts on “Antigone de Jean Anouilh fiche de lecture

  1. Antigone fiche de lecture rapide
    Fiche de lecture : Antigone
    Titre de l’œuvre : Antigone

    Auteur et siècle : Jean Anouilh, le 20e siècle

    Date d’écriture et de présentation : Pièce écrite en 1942 et présentée en 1944

    Genre : Tragédie moderne

    Personnages principaux : Antigone, Ismène, Créon, Hémon

    Époque de l’action : Antiquité grecque

    Lieu de l’action : Palais de Thèbes dans la cité de Thèbes (Grèce)

    Composition : Pas d’actes ni de scènes

    Registre de langue (niveau de langue) : Langage courant, parfois familier

    Langue familière : La nourrice, les gardes…

    Registre ou tonalité de la pièce : Registre tragique

    Règles classiques : -Respect de la règle des trois unités (lieu, temps, action). -Respect de la règle de bienséance (pas de mort sur scène)

    Type de texte : L’ensemble du texte est globalement argumentatif

    Indications temporelles : -Quatre heures du matin (première tentative d’Antigone d’enterrer le cadavre de son frère). -Midi (deuxième tentative d’Antigone). -Cinq heures (fin de la pièce).

    Dénouement : Tragique : mort d’Antigone, d’Hémon et d’Eurydice.

    Le prologue : Personnage extérieur à l’intrigue, hors liste.

    Présentation des personnages : Présentés du plus important au moins important.

    Les thèmes : La solitude, le bonheur, l’enfance et le devoir.

    Fonction du chœur : Représente l’opinion publique et le peuple de Thèbes.

    Rapport des personnages avec la loi : -Antigone : Respect de la loi divine. -Créon : Respect de la loi humaine.

    Liens entre les personnages : -Antigone : fille d’Œdipe et nièce de Créon. -Ismène : sœur d’Antigone. -Créon : oncle d’Antigone (roi de Thèbes). -Hémon : fils de Créon et fiancé d’Antigone.

    Histoire de la pièce : Suite du mythe d’Œdipe : Antigone décide d’enterrer son frère et se dresser contre Créon, le roi, qui a interdit de donner les devoirs funèbres à Polynice, considéré comme un traître.

    Arguments d’Antigone : -Polynice est son frère. -Il a le droit au repos. -Son devoir est de l’enterrer.

    La notion de fatalité : Antigone ne peut échapper à son destin : La mort.

    Les anachronismes : Décalage chronologique : situer à une époque ce qui appartient à une autre. Époque moderne.

    Figures de style : Des personnifications, des comparaisons, des métaphores, des antiphrases,……

    Temps des verbes : Temps dominant : le présent.

    Emploi du conditionnel : scène Antigone et Hémon.

  2. Tableau d’identification:
    Le titre Antigone
    Genre Pièce de théâtre : tragédie moderne
    L’auteur Jean Anouilh
    Date et lieu de la naissance / Décès 23 juin 1910 à Bordeaux / mort à Lausanne en 3 octobre 1987
    Date de publication 1946
    Date de la 1ère présentation 1944
    Autres œuvres du même auteur -Le Voyageur sans bagage – Le Bal des voleurs – L’Alouette
    Fiche de lecture : Antigone,
    Les Personnages principaux : Antigone, Créon, Ismène, Hémon
    Époque : Antiquité grecque
    Lieu : Palais de Thèbes dans la cité de Thèbes (Grèce)
    Registre ( ton )ou tonalité de la pièce : tragique
    Règles classiques : -Respect de la règle des trois unités (lieu ( un seul lieu) , temps ( ne dépasse pas 24 heures), action ( une seule action, enterrer Polynice) ). -Respect de la règle de bienséance (pas de scène violente ni de nudité sur scène)
    Dénouement ( la fin) : Tragique : mort d’Antigone, d’Hémon et d’Eurydice.
    Les thèmes : La solitude, les problèmes entre les jeunes et les adultes,le bonheur, la famille, le devoir…
    Fonction du chœur : Représente parfois la conscience de Créon, parfois l’opinion publique et la voix du peuple de Thèbes.
    Liens entre les personnages :
    Antigone : nièce du roi Créon.
    Ismène : sœur de la princesse Antigone.
    Créon : oncle maternelle d’Antigone.
    Hémon : fils du roi Créon et fiancé d’Antigone.
    La notion de fatalité : les personnages ne peuvent pas d’échapper à leur destin : La mort.

    Les anachronismes : des indices qui montrent qu’il s’agit de l’Époque moderne.

    Personnages principaux:

    Antigone : son père Œdipe et sa mère Jocaste , sœur d’Étéocle, Polynice morts avant le commencement de la pièce, et Ismène. Cette jeune princesse veut enterrer le cadavre de son frère Polynice malgré l’interdiction par le roi.
    Créon: oncle maternel d’antigone, roi de Thèbes après la mort des deux frères ennemis, il tient à sa parole et enterre sa nièce vers la fin.
    Ismène : sœur d’Antigone, elle aime la vie, refuse le projet d’Antigone.
    Hémon : fils de Créon et d’Eurydice, fiancé d’Antigone, il se plonge l’épée dans le ventre après la mort de sa fiancée.
    Personnages secondaires : Antigone fiche de lecture

    La Nourrice : une femme qui a élevé les enfants d’Œdipe, cette vieille également appelée « Nounou » par les filles.
    Eurydice : épouse du roi Créon qui passe ses journées à tricoter des pour les pauvres de Thèbes. Ces derniers « auront froid » car elle se suicide en se tranchant la gorge après la mort d’Hémon.
    Les trois gardes : chargés de surveiller le cadavre de Polynice. Ils sont trois : Jonas, Durand et Boudousse.
    Le page du roi : Il accompagne Créon et lui rappel l’heure du conseil.
    Le messager : Personnage type du théâtre antique, il annonce des nouvelles.
    Antigone fiche de lecture : Structure de la pièce :
    Anouilh a repris le cadre général de la pièce de Sophocle. Le rideau s’ouvre au petit matin sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon, au sujet duquel Antigone s’oppose à sa sœur Ismène. Le rideau tombe sur Créon, qui reste seul sur une scène dévastée.

    Pages Scène Personnages
    9-13 1 Le Prologue
    13-20 2 Antigone, la Nourrice
    21 3 Antigone, la Nourrice, Ismène
    22-31 4 Antigone, Ismène
    31-36 5 Antigone, la Nourrice
    37-44 6 Antigone, Hémon
    45-46 7 Antigone, Ismène
    46-53 8 Créon, le Garde
    53-55 9 Le Chœur
    55-60 10 Antigone, le Garde, le Deuxième Garde, le Troisième Garde
    60-64 11 Antigone, les Gardes, Créon
    64-97 12 Antigone, Créon
    97-99 13 Antigone, Créon, Ismène
    99-100 14 Créon, le Chœur
    100-105 15 Créon, le Chœur, Hémon
    105-106 16 Créon, le Chœur
    106 17 Créon, le Chœur, Antigone, les Gardes
    106-117 18 Antigone, le Garde
    117-119 19 Le Chœur, le Messager
    119-122 20 Le Chœur, Créon, le Page
    122-123 21 Le Chœur, les Gardes

  3. Biographie de Jean ANOUILH
    Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa mère musicienne ainsi que professeur de piano, elle joue dans un orchestre se produisant sur des scènes de casino en province. C’est dans les coulisses de ces casinos qu’il découvre les grands auteurs classiques : Molière, Marivaux et Musset.
    Jean Anouilh vit à Paris et rentre au collège Chaptal. C’est très tôt qu’il se prend de passion pour le théâtre. En 1928, il assiste émerveillé, au printemps, à la représentation de Siegfried de Jean Giraudoux, l’adolescent de dix-huit ans fut ébloui, subjugué…
    En 1929 il devient le secrétaire de Louis Jouvet. Les relations entre les deux hommes sont tendues. Qu’importe, son choix est fait, il vivra pour et par le théâtre.
    Sa première pièce, l’Hermine (1932), lui offre un succès d’estime, et il faut attendre 1937 pour qu’il connaisse son premier grand succès avec le Voyageur sans bagages. L’année suivante le succès de sa pièce la Sauvage confirme sa notoriété et met fin à ses difficultés matérielles.
    Puis éclate la seconde guerre mondiale. Pendant l’occupation, Jean Anouilh continue d’écrire. Il ne prend position ni pour la collaboration, ni pour la résistance. Ce non-engagement lui sera reproché.
    En 1944 est créé Antigone. Cette pièce connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l’ordre établi en faisant la part belle à Créon. En 1945, il s’engage pour essayer de sauver l’écrivain collaborateur Robert Brasillach de la peine de mort; en vain. Cette exécution le marque profondément.
    Il écrira encore plusieurs pièces dans les années soixante-dix, dont certaines lui vaudront le qualificatif « d’auteur de théâtre de distraction ». Il n’en reste pas moins qu’il a bâti une oeuvre qui révèle un pessimisme profond.
    Anouilh est mort en 1987.
    Anouilh et le théâtre grec
    Lorsque Jean Anouilh choisit de reprendre le mythe d’OEdipe et celui d’Antigone, il décida aussi de reprendre un certain nombre de caractéristiques du théâtre grec. Dans ce théâtre, les actions des personnages sont commentées par un choeur. La tragédie grecque obéit toujours à la même structure : le prologue, l’entrée du choeur, les épisodes entrecoupés des commentaires chantés du choeur, le dénouement et la sortie du choeur. Anouilh dans sa pièce suit cette structure.
    La pièce fut créée le 4 février 1944. Les autorités allemandes étaient favorables à l’activité théâtrale pour que la vie semble continuer normalement. De plus, les autorités françaises souhaitaient voir jouer des oeuvres classiques et voyaient d’un mauvais oeil les pièces où le thème de l’adultère était important, la portée morale était nécessaire. Les Parisiens allaient souvent au théâtre car le lieu était chauffé et c’était un moyen d’oublier la dure réalité quotidienne.

    Présentation de Antigone
    Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l’une des enfants nés de l’union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste . Antigone est la sœur d’Ismène, d’Etéocle et de Polynice. Elle fait preuve d’un dévouement et d’une grandeur d’âme sans pareils dans la mythologie.Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu’à la fin de son existence et l’assiste dans ses derniers moments.

    Puis Antigone revient à Thèbes. Elle y connaît une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir. Ce dernier fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et combattre son frère Etéocle. Après la mort des deux frères, Créon, leur oncle prend le pouvoir . Il ordonne des funérailles solennelles pour Etéocle et interdit qu’il soit donné une sépulture à Polynice, coupable à ses yeux d’avoir porté les armes contre sa patrie avec le concours d’étrangers. Ainsi l’âme de Polynice ne connaîtra jamais de repos. Pourtant Antigone, qui considère comme sacré le devoir d’ensevelir les morts, se rend une nuit auprès du corps de son frère et verse sur lui, selon le rite, quelques poignées de terre. Créon apprend d’un garde qu’Antigone a recouvert de poussière le corps de Polynice. On amène Antigone devant lui et il la condamne à mort. Elle est enterrée vive dans le tombeau des Labdacides . Plutôt que de mourir de faim, elle préfère se pendre.

    Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone se suicide de désespoir . Eurydice , l’épouse de Créon ne peut supporter la mort de ce fils qu’elle adorait et met fin elle aussi à ses jours.La pièce de Sophocle (441 avant Jésus-Christ) commence lorsqu’Antigone décide de braver l’interdiction de son oncle Créon et d’ensevelir le corps de son frère Polynice.C’est de ce texte de Sophocle que va s’inspirer Anouilh pour écrire Antigone en 1942 :  » l’Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre , le jour des petites affiches rouges. Je l’ai réécrite à ma façon , avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre ».Cette pièce , créée en 1944, connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l’ordre établi en faisant la part belle à Créon . Ses défenseurs , au contraire , voient dans Antigone la « première résistante de l’histoire » et dans la pièce un plaidoyer pour l’esprit de révolte.

    Fiche de lecture : Antigone

    Titre de l’oeuvre:Antigone
    Auteur et siècle:Jean Anouilh, le 20ème siècle
    Date d’écriture et de présentation:Pièce écrite en 1942 et présentée en 1944
    Genre
    Tragédie moderne
    Époque de l’action
    Antiquité grecque
    Lieu de l’action
    Palais de Thèbes dans la cité de Thèbes(Grèce)
    Composition
    Pas d’actes ni de scènes
    Registre de langue (niveau de langue)
    Langage courant, parfois familier Langue familière : La nourrice, les gardes…
    Registre ou tonalité de la pièce
    Registre tragique
    Règles classiques
    -Respect de la règle des trois unités (lieu, temps, action) -Respect de la règle de bienséance (pas de mort sur scène)
    Type de texte
    L’ensemble du texte est globalement argumentatif
    Indications temporelles
    -Quatre heures du matin (première tentative d’Antigone d’enterrer le cadavre de son frère) -Midi (deuxième tentative d’Antigone) -Cinq heures (fin de la pièce)
    Dénouement
    Tragique : mort d’Antigone, d’Hémon et d’Eurydice
    Le prologue
    Personnage extérieur à l’intrigue, hors liste
    Présentation des personnages
    Antigone
    Fille d’Œdipe
    Le Prologue nous la décrit comme la petite « maigre jeune fille noiraude » (p. 9).
    D’après Ismène : « Pas belle comme nous mais autrement » (p.29).D’après sa nourrice « elle n’est pas assez coquette! » (p. 17) D’après elle même : « je suis laide ! » (p. 96), « je
    suis noire et maigre »(p. 41). Antigone aurait vouluêtre un garçon : « Ai-je assez pleuré d’être une fille ! » (p. 29).
    Antigone aime la vie « Qui se levait la première, le matin, rien que pour sentir l’air froid sur sa peau nue ? » (p. 28), « Moi aussi j’aurais bien voulu ne pas mourir. » (p. 24) et elle veut garder ses joies et ses illusions d’enfance. C’est une fille
    rebelle : « Une fois je t’ai attachée à un arbre et je t’ai coupé tes cheveux, tes beaux cheveux… » (p. 22), « la petite Antigone, la sale bête,
    l’entêtée, la mauvaise […]. Elle n’avait qu’à nepas désobéir! » (p. 25), c’est celle qui dit non et ne veux comprendre : « Il fallait comprendre
    qu’on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on rencontre […]. Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. »
    (p. 26). Elle déteste aussi l’habitude : « s’il ne doit
    plus me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, […], alors je n’aime plus Hémon! » (p. 93). Quelques instants avant de mourir, elle ne sait
    plus pourquoi elle meurt : « Je ne sais plus pourquoi je meurs. » (p. 115), elle est morte pour rien, si ce n’est pour offrir une réflexion sur la vie…
    .
    Ismène
    Sœur d’Antigone.
    Belle jeune fille charmante et coquette aux yeux d’Antigone, elle aime aller au bal : « Cela me rassure ce matin, que tu sois belle. », « et je
    t’ai coupé tes cheveux, tes beaux cheveux… », « toutes ces belles mèches lisses et bien ordonnées autour de la tête » (p. 22), « Ismène est rose et dorée comme un fruit. »
    (p. 41).Elle n’est pas courageuse et a peur de mourir : « Moi, tu sais, je ne suis pas rès courageuse » (p. 27), « Et souffrir ?il faudra souffrir, sentir que la douleur monte, qu’elle est arrivée au point où l’on ne peut plus la supporter; qu’il faudrait qu’elle s’arrête, mais qu’elle continue pourtant et monte encore, comme une voix aiguë… Oh! je ne peux pas, je ne peux pas… ». Elle souhaite raisonner sa sœur : « Essaie de comprendre au moins ! » (p. 25).
    Pourtant à la fin de la pièce Ismène veut accompagner sa sœur dans la mort : « Antigone, pardon ! Antigone,tu vois, je viens, j’ai du courage. J’irai
    maintenant avec toi ! » (p. 97), « Sivous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle! »(p. 97).

    Créon.
    Roi de Thèbes, oncle d’Antigone. Le Prologue nous le présente comme étant un « homme robuste, aux cheveux blancs […]. Il a des rides, il est fatigué. » (p.11).
    Le Prologue nous présente Créon comme un homme seul : « Créon est seul », sa femme Eurydice « ne lui est d’aucun secours » (p. 11), son page « ne peut rien non plus pour lui » (p. 12) et à la fin de la tragédie le Chœur lui dit : « Et tues tout seul maintenant,
    Créon. » (p. 121). C’est un homme courageux, il a dû assumer le métier de roi : « Mais Œdipe et ses fils sontmorts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place. » (p.11), « Un matin, je me suis réveillé roi de
    Thèbes. Et Dieu sait si j’aimais autre chose dans la vie que d’être puissant… » (p. 78). Il fait son travail du mieux qu’il peut : « des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil desa journée. » (p. 11). Il a de l’affection pour sa nièce Antigone mais ne la comprend pas, il va même essayer

    de la sauver : « je vais tout de même perdre le temps qu’il faudra et te sauver, petite peste. » (p. 76). Après l’exécution d’Antigone qu’il a été contraint d’entrepre
    ndre et qui a entrainée la mort de son fils et de sa femme, il continue son travail quotidien : « Eh bien, si nous avons conseil, petit, nous allons y aller. » (p. 122).
    Après avoir ordonné la mort, il attend la sienne: « Créon va commencer à attendre la mort » (p.123). Pour lui, tout est absurde… A

    Hémon.
    Fils de Créon, fiancé d’Antigone. Jeune prince vigoureux. Il refuse de devenir un homme comme son père : « Regarde-moi, c’est cela devenir un homme, voir le
    visage de son père en face, un jour. » (p. 105), il veut rester enfant. Il pense que son père peut tout faire : « Tu es le maître » (p. 102), « Tu es encore puissant, toi,
    comme lorsque j’étais petit. », « Je suis trop seul et lemonde est trop nu si je ne peux plus t’admirer. » (p. 104). Lors de la mort d’Antigone qu’il ne supporte pas,
    « Hémon […] se plonge l’épée dans le ventre et il s’étend contre Antigone »

    Eurydice :L’épouse de Créon, la mère d’Hémon. C’est « la vieille dame qui tricote », la « femme de Créon », « elle est bonne, digne, aimante », mais « Elle ne lui est d’aucun secours »

    Le Page

    Il accompagne Créon dans plusieurs scènes, et souligne la solitude du souverain. Il représente l’innocence émouvante, le symbole vivant du paradis perdu de l’enfance. Il voit tout mais ne saisit pas l’importance de la situation. Il n’est d’aucun secours pour Créon , juste une oreille silencieuse. Il rêve, un jour, de devenir grand :
    Créon : Ce qu’il faudrait, c’est ne jamais savoir. Il te tarde d’être grand, toi ?
    Le Page : Oh oui, Monsieur

    La Nourrice :Personnage traditionnel du théâtre grec, la Nourrice n’existait pourtant pas dans la pièce de Sophocle; c’est une création d’Anouilh. Elle est la vieille femme, affectueuse et vigilante, la « nounou » réconfortante, qui a du mal à comprendre le dessein d’Antigone : « Tu te moques de moi, alors ? Tu vois, je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère. »

    Le Messager :C’est un « garçon pâle … solitaire ». Le messager est un personnage typiqu du théâtre grec, il apparaît déjà dans la pièce de Sophocle. Dès le Prologue, il montre sa tristesse : « C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. C’est pour cela qu’il n’a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà…  » . A la fin de la pièce , il vient annoncer avec mille détails la mort d’Hémon.

    Le chœur :Le chœur joue, comme dans la tragédie grecque, un rôle de commentateur : « Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n’a plus qu’à se dérouler tout seul… » et de messager. C’est le chœur qui tire également la leçon morale du drame « Et voilà. Sans la petite Antigone, c’est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles. Mais maintenant, c’est fini. Ils sont tout de même tranquilles. Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l’histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier et à confondre leurs noms. C’est fini. Antigone est calmée, maintenant, nous ne saurons jamais de quelle fièvre. Son devoir lui est remis. Un grand apaisement triste tombe sur Thèbes et sur le palais vide où Créon va commencer à attendre la mort.  »

    Les gardes :Ce sont  » trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes », « ce ne sont pas de mauvais bougres », « ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination ». Ils sont mesquins, vulgaires, et ne semblent avoir comme seul objectif de ne pas contrarier leur hiérarchie : « Pas d’histoires ! ». Ils sont au service de Créon , non par fidélité personnelle, mais par obéissance au monarque en place . Il soulignent son isolement. Ils ne se sentent nullement concernés par la tragédie qui se déroule devant eux. A la fin, lorsque le rideau tombe, « il ne reste plus que les gardes. Eux, tout ça, cela leur est égal; c’est pas leurs oignons. Ils continuent à jouer aux cartes… »

    Les thèmes
    1. Le duel entre morale et politique
    Le thème principal de la pièce est l’opposition entre les lois de la société, justifiées par l’ordre et le pouvoir, et une loi non écrite, celle des obligations dues aux morts et à la famille.
    • L’interdiction formulée par Créon n’est pas despotique mais politique. Étéocle et Polynice étaient « deux larrons en foire qui se trompaient l’un l’autre en nous trompant et qui se sont égorgés comme deux petits voyous qu’ils étaient, pour un règlement de comptes ».
    Pour que l’ordre règne dans Thèbes, après cette révolution manquée, il faut rassembler les esprits. Créon s’en explique ainsi : « il s’est trouvé que j’ai eu besoin de faire un héros de l’un d’eux […]. J’ai fait ramasser un des corps, le moins abîmé des deux, pour mes funérailles nationales, et j’ai donné l’ordre de laisser pourrir l’autre où il était. » Ainsi, le maintien de l’ordre implique le calcul, le mensonge et le cynisme.
    • La règle à laquelle obéit Antigone, cependant, est supérieure au décret pris par le roi. C’est une obligation intérieure, indépendante des circonstances. Elle affirme la liberté de la conscience : « Je suis là pour vous dire non et pour mourir. »
    2. Le pouvoir
    • Anouilh n’exalte pas la fonction politique. Selon lui, le pouvoir ne relève pas de l’ambition, c’est un métier : « Ce n’est même pas une aventure, c’est un métier pour tous les jours et pas toujours drôle, comme tous les métiers. Mais puisque je suis là pour le faire, je vais le faire », dit Créon à Antigone.
    • Il y faut cependant un certain courage : « Pour dire oui, il faut suer et retrousser ses manches, empoigner la vie à pleines mains et s’en mettre jusqu’au coude ».
    Pragmatique, Créon se contente de joies modestes : « la vie c’est un livre qu’on aime, c’est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu’on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison ».
    3. L’intransigeance de la pureté
    • À cette figure d’homme âgé, usé par le pouvoir, s’oppose celle d’une adolescente intransigeante, qui refuse les compromis et les « bonheurs de cuisinier » auxquels Créon a consenti en acceptant la couronne : « Quelles pauvretés faudra t-il qu’elle fasse elle aussi, jour après jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? »
    Antigone est prête à mourir pour ne pas sacrifier son idéal à la réalité : « Je veux être sûre de tout aujourd’hui et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite – ou mourir. »
    4. Le conflit des générations
    • Créon est un adulte lucide, qui assume ses responsabilités, et qui, en consentant par nécessité à devenir roi, aliène sa liberté aux exigences du pouvoir.
    Antigone et Hémon sont des adolescents. Antigone refuse le temps qui use les sentiments et conduit à accepter des compromis : « Moi, je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! »
    De la même façon, Hémon refuse la leçon de son père : « Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d’être un homme. » Antigone et Hémon tout deux refusent finalement la vie.
    Le petit page qui accompagne Créon représente la génération suivante, dans son innocence. Créon tire pour lui la leçon : « Il faudrait ne jamais devenir grand. »
    La Nourrice : vieille dame également appelée « Nounou » par les filles dont elle s’occupe.
    Le Prologue/Chœur : issue des pièces de théâtre de la Grèce antique, cette « entité » intervient au début du texte pour nous narrer le contexte de la pièce et nous présenter les personnages qui y évoluent. Il réapparait par la suite tout au long de la pièce pour faire avancer le récit ou amener un personnage à la réflexion.

    Les anachronismes
    Décalage chronologique : situer à une époque ce qui appartient à une autre. Époque moderne
    Figures de style
    Des personnifications, des comparaisons, des métaphores, des antiphrases,……
    Temps des verbes
    Temps dominant : le présent. Emploi du conditionnel : scène Antigone et Hémon.

    Les procédés dramatiques
    1. La structure de la pièce
    • La pièce se déroule de façon continue, sans interruption : elle n’est pas divisée en actes, ce qui maintient la tension dramatique.
    Elle est encadrée par deux interventions du chœur (joué par un seul personnage), qui, dans le prologue, présente les personnages et annonce le drame, puis qui commente le dénouement.
    Le chœur tente également de sauver Antigone et annonce à Créon la mort de sa femme, Eurydice. Il joue donc un rôle d’intermédiaire entre les spectateurs et les personnages. Il renseigne et commente.
    2. La transposition
    • Jean Anouilh a conservé tous les éléments de la tragédie grecque : drame, lieux, personnages, mais l’a transposée à notre époque.
    Il a ainsi modernisé les fonctions et le mode de vie : les gardes ont des grades et des statuts comparables à ceux des soldats d’aujourd’hui ; la reine tricote pour les pauvres ; les princes ont des voitures et une vie mondaine ; la nourrice prépare du café et des tartines grillées, etc.
    • Anouilh mêle le tragique et le familier. Ce contraste est particulièrement sensible dans les conversations d’Antigone et de sa nourrice : « Allons, ma vieille bonne pomme rouge. Tu sais quand je te frottais pour que tu brilles ? »
    • Dans la tragédie antique, le destin, supérieur aux dieux eux-mêmes, frappe les hommes. Chez Sophocle, Créon, qui s’obstine dans sa décision, est coupable de démesure et se retrouve seul. Jean Anouilh supprime le caractère sacré de la tragédie. Antigone incarne la jeunesse et son intransigeance et montre que l’homme reste libre de se révolter contre l’injustice, de lui résister.

    Résumé d’Antigone

    Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l’exil d’Œdipe, les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste est – à ce titre – le nouveau roi et a décidé de n’offrir de sépulture qu’à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n’ose braver l’interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards.

    Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l’interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, ne veut pas l’accompagner car elle a peur de Créon et de la mort.

    Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d’appliquer la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l’existence, celle-ci est condamnée à être enterrée vivante. Mais au moment où le tombeau va être scellé, Créon apprend que son fils, Hémon, fiancé d’Antigone, s’est laissé enfermer auprès de celle qu’il aime. Lorsque l’on rouvre le tombeau, Antigone s’est pendue avec sa ceinture et Hémon, crachant au visage de son père, s’ouvre le ventre avec son épée. Désespérée par la disparition du fils qu’elle adorait, Eurydice, la femme de Créon, se tranche la gorge.

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