Concours d’entrée au Master études française l’écrit

master etudes francaises
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Concours d’entrée au Master études française l’écrit

Concours d’entrée l’écrit

Faculté de Kenitra 2022 2023

Master didactique littérature et langue .

Université Ibn Tofai1 Faculté des Langues, Lettres et Arts – Kénitra

Concours d’entrée en Master : Didactique, Littérature et Langage Année 2022 2023

Durée 2 heures

Je suis un écrivain. C’est-à-dire un homme qui vit au milieu des livres et qui les aime assez pour avoir envie d’en écrire à son tour. Mais j’appartiens à cette génération, n. au début des années cinquante, qui a assisté tour à tour au développement de la télévision et à celui de l’informatique. Ce qui signifie que je suis sensible à ce que le sociologue canadien Mac Luhan a appelé le passage de la galaxie Gutenberg à la galaxie Marconi, c’est-à-dire de la civilisation de l’ écrit à la civilisation de l’image, ou, plus récente encore, de l’ordinateur et du CD Rom. En dépit de mon propre travail, mon rapport aux livres est instable, incertain, inquiet, comme celui de la plupart de mes contemporains. Quand j’ouvre, par exemple, une histoire de la littérature du début du XXème siècle et quand je regarde I. photos de Proust, de Gide ou de Valéry, il me semble que tous ces écrivains sont d’un autre siècle: ils représentent ces purs hommes des livres que nous ne sommes plus. que peut-être nous ne pouvons plus être. Des « Hommes de Lettres, Ils semblent appartenir encore, jusque dans les détails de leur physionomie ou de leur allure, […1 un temps sur lequel l’écrit régnait. Je les regarde donc avec une sorte de curiosité mêlée de nostalgie, et je me sentirais étranger it ces visages pensifs, sérieux et lointains, s’il n’y avait précisément leurs livres pour maintenir le contact entre leur temps et le Mire. Leurs images me séparent d’eux, mais leurs écrits m’en rapprochent. Et c’est justement de œ mystère que je voudrais aujourd’hui parler en essayant de préciser en quoi consiste la compagne des livres et le mystère de la lecture.

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 Car la lecture. pour commencer, est une compagnie. Dans la solitude et l’oisiveté, te livre vient inscrire une présence : apporte avec lui un monde, des paysages, des personnages, des voix, des affections et d. pensées. Il remplit le vide, il fait oublier l’isolement. Il est, comte l’observait Victor Hugo dans Notre Dame Paris l’instrument le plus simple, le p. commode, k plus praticable à tous ». J’ai envie d’ajouter « le plus fidèle », car livre ne trahit pas, il ne tombe pas en panne, sauf si vous manquez de désir à son endroit. Il ne vous lai. pas tomber, il reste disponible, il suffit de l’ouvrir pour que la conversation s’engage silencieusement et que l’isolement soit rompu.

Souvenez-vous du mot célèbre de Descartes : « La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs. » C’est bien là, en effet, l’un des premiers miracles opérés par le livre : nous permettre de converser avec Rousseau, Flaubert ou Malraux en dépit de leur disparition. Comme si le temps était aboli, comme si la mort était vaincue, et cela par la seule grâce de quelques pages imprimées. Quand je lis Les Confessions de Rousseau, k Correspondance k Flaubert ou Os Antémémoires k Malraux, j’entends la voix de ces écrivains et c’est ma propre réflexion qui discute avec la leur, comme s’ils étaient présents. Un écrivain est alors une sorte d’hôte invisible qui vous ouvre sa porte, vous invite à vous asseoir, vous offre à boire et à manger, vous parle de sa vie pro, et vous aide à mie. Comprendre la vôtre. […]

On pourrait définir la lecture à travers l’image d’une fleur sèche qui reprend vie quand on l’arrose, ou d’une fleur en papier pliée qui se déplie dans l’eau. Car un livre c’est d’abord un volume clos qui se déplie puis se replie et se range : cela est vrai pour sa réalité physique comme pour sa vie imaginaire. Une page imprimée est un espace restreint, austère, d’allure rébarbative même, mais qui se dilate étrangement dans l’esprit qui en fait la lecture. Celle-ci consiste donc dans un curieux phénomène d’expansion et de conversion de la page imprimée. Si vous observez une personne en train de lire. vous verrez quelqu’un d’infiniment concentré, qui ne se préoccupe plus de ce qui se passe autour de lui, et dont toute l’attention est requise par une succession de lignes noires de petite dimension. Or, ce qui se passe dans la tête de cette personne est précisément tout le contraire de ce que son apparence laisse entrevoir : un voyage à travers l’espace et le temps, une sollicitation des sens et des émotions, une vie intense mais invisible. Il y a dans la lecture quelque chose de jubilatoire qui tient sans doute à ce violent contraste entre la modestie de l’objet et sa puissance d’évocation. Le lecteur est quelqu’un qui se déplie de l’intérieur et qui s’épanouit sans même que bouge un seul muscle de son visage. »

Éloge de la lecture, Jean-Michel Maulpoix

Questions

1- Quelle distinction l’auteur établit-il entre la civilisation de l’écrit et la civilisation de l’image ? (1,5 pts)

2- Pourquoi qualifie-t-il d’instable son rapport aux livres ? (1,5 pts)

3- Quel rapport entretient-il avec les écrivains du début du )0(e siècle ? (1,5 pts)

4- Reformulez avec vos propres mots le dernier paragraphe du texte : (2,5 pts)

« On pourrait définir la lecture… sans même que bouge un seul muscle de son visage. »

5- Trouvez un synonyme pour chacun des adjectifs suivants : rébarbative, jubilatoire, austère. (1,5 pts)

6- Nommez et analysez la figure de style utilisée dans cette phrase ? (1,5 pts) « Un écrivain est alors une sorte d’hôte invisible qui vous ouvre sa porte, vous invite à vous asseoir, vous offre à boire et à manger, vous parle de sa vie propre et vous aide à mieux comprendre la vôtre. »

7- Quelle stratégie argumentation suit l’auteur dans le 3tme paragraphe du texte ? (2 pts)

Production écrite (8 pts)

 On assiste de nos jours à la domination de l’écran sur le papier. De multiples supports numériques de lecture, ordinateurs, liseuses, tablettes ou téléphones mobiles, viennent se substituer au livre imprimé. D’après vous, quel impact cela peut-il avoir sur les pratiques de la lecture ?

 La prolifération de ces outils numérique est-elle une chances ou un défi pour les jeunes générations ?

Concours d’entrée au Master études française l’écrit

Author: Prof.Ziani

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