projet pédagogique la ficelle

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projet pédagogique la ficelle Didactique du français

Planification Modulaire

Année : 2015/ 2016

Niveau : Tronc Commun

Module I : étude d’une nouvelle réaliste La ficelle, Guy de Maupassant

Durée : Du 30 Novembre 2015 au 23Janvier 2016 (8 semaines)

Macro compétence : Reconnaître les caractéristiques d’une nouvelle réaliste.

SéquencesObjectifs
Séquence 1 : présentation de l’œuvre-Présenter l’œuvre aux élèves (auteur, genre, résumé, schéma narratif, personnages…etc.)  
Séquence 2 : la description– Amener les élèves à maîtriser les outils et les techniques de la description.   -Etude de la composante descriptive dans la nouvelle.  
Séquence 3 : la satire– Identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste    – Dégager la dimension satirique de l’œuvre.  
Séquence 4 : L’ode et la chanson.– Identifier les caractéristiques de certaines formes poétiques : l’ode.   – Ecouter activement une chanson.   – Prendre des notes à partir de documents  sonores ou écrits  
Séquence 5 : bilan et évaluation-Caractéristiques de l’écriture réaliste. -Passation du contrôle.

Planification séquentielle

Séquence 1 : présentation de l’œuvre (1semaine)  
Séance 1et 2• Biographie de l’auteur / paratexte/ le réalisme / la nouvelle/…  
Séance 3 et 4• Le résumé ; • Les personnages ; • le schéma narratif.  
Séquence 2 : la description  
Semaine 1Semaine 2  
Séance 1 et 2 : Etude du texte (2 heures) Extrait : « Sur toutes les routes……….aux champs.»Séance 1 : Etude de texte (1heure) Extrait : « Maître Hauchecorne, de Bréauté…dans les auberges. »
Séance 3 : Activité de langue (1heure) Champ lexical  Séance 2 : Activité de langue (1heure)  Les moyens lexicaux de la description. (Les expansions nominales)
Séance 4 : Activité orale (1heure) Etudier et interpréter une image du courant réaliste.  Séance 3et 4 : Production écrite  (2 heures) Sujet : Le souk hebdomadaire attire beaucoup de villageois. Vous y êtes allés ; Décrivez                                      
Séquence 3 : la satire  
Semaine 1Semaine 2  
Séance 1et 2 : Etude du texte (2heures) « Tout à coup, le tambour roula…le parquet et demander des ordres »Séance 1 : Etude du texte (1 heure) Etude du personnage « Maître Hauchecorne »  
Séance 3 : Activité de langue (2 heures)                  Le discours rapportéSéance 2 : Activité de langue (1 heure) Les niveaux de langue  
Séance 4 : Activité orale (1 heure) Le compte rendu de la nouvelle   Séance 3et 4 : Production écrite (2 heures)   Consigne : A partir des images suivantes, faites la description de la femme paysanne en utilisant : L’imparfait, des adjectifs qualificatifs et le champ lexical convenable au milieu rural.    
Séquence 4 : L’ode et la chanson.  
Semaine 1Semaine 2  
Séance 1 et 2 : étude de texte (2 heures) Extrait : «la nouvelle s’était répandue…Fin »Séance 1et 2 : étude d’une ode (2heures) Mignone de Ronsard  
Séance 3 : activité orale (1heure) Ecouter une chanson.Séance 3 : activité de langue (1heure) Les figures de style : la comparaison et la métaphore  
Séance 4 : Production écrite (1 heure) Remplir un texte à trous,  en écoutant une chanson.  Séance 4 : Production écrite (1 heure) Réaliser la fiche de lecture de La ficelle.
Séquence 5 : bilan et évaluation  
Semaine 1Semaine 2  
Séances 1 et 2 : (2 heures) révision à négocier avec les élèves.  Séances 3 et 4 : (2 heures) passation du contrôle.

Fondements des pratiques enseignantes

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Module Didactique

Tronc commun

Module II : Étudier Une nouvelle réaliste + Ode + Chanson

La Ficelle

Guy de Maupassant

 Préparés et présentés par les élèves-professeurs :

Soumia El Yaacoubi         N ° 28

Azdyne El Asfouri    N °     

Sous la direction de Monsieur :

Abdellah KRIKEZ

Préambule………………………………………………………………………………….. 2

Étapes de réalisation………………………………………. 2

Abréviations…………………………………………………………………………………. 2

Répartition séquentielle………………………………………………………… 3

Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateurs, fonctions……………………………………. 4

Séquence 2 : L’excipit et la chute……………………………………………………………………………… 5

Séquence 3 : Une ode et une chanson………………………………………………………………………. 6

Projet de classe…………………………………………………………………………. 7

Fiches de la séquence 1……………………………………………………………. 8

TE : Le genre de la nouvelle + biographie de Maupassant……………………………………………. 9

ET : Étude de l’incipit (Lecture méthodique)………………………………………………………………. 12

L : Les moyens lexicaux de la description…………………………………………………………………… 14

PE : L’art du portrait (pasticher un texte)…………………………………………………………………… 15

AO : Débat : La vie à la compagne, la vie en ville………………………………………………………… 17

PE : Compte-rendu de débat…………………………………………………………….. 18

ET : Étude de l’évènement perturbateur (Lecture méthodique)……………………………………. 20

L : Les moyens stylistiques de la description………………………………………………………………. 22

Fiches : La chanson et l’image ……………………………………………….. 24

TE : Lecture de l’image……………………………………………………………………………………………. 25

AO : La rumeur, jeu et mémorisation………………………………………………………………………… 27

Annexe………………………………………………………………………………………………………………………….. 29

Les valeurs dans la ficelle………………………………………………………………………………………… 30

Progression du module 2 : étudier une nouvelle réaliste…………………………………………….. 32

La ficelle (Texte intégral + illustrations)…………………………………………………………………….. 33

Préambule

Avec la réforme du système éducatif marocain, l’enseignement du français au lycée adopte une nouvelle approche : celle de l’enseignement par œuvres intégrales. En Effet c’est le deuxième module programmé au secondaire qualifiant, mais c’est le premier module à exiger une œuvre intégrale.  L’on est invité à choisir entre deux nouvelles réalistes du même auteur, en l’occurrence Guy de Maupassant.

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Ce n’est pas tout, on doit absolument compléter notre module par l’étude de l’image, l’étude d’un sonnet et proposer une chanson. Pour ce, et sans perdre en vue les thématiques abordées dans l’œuvre choisie, nous avons opté pour l’analyse d’une caricature et l’étude d’une chanson abordant le thème de la rumeur. Ce n’est pas tout ; Nous avons vu nécessaire de proposer un projet de classe en complémentarité avec l’œuvre et les supports fournis.

La réalisation de ce module est fortement inspirée des projets pédagogiques qui sont déjà réalisés par d’anciens professeurs encore en exercice, et dont les modules circulent sur le net, notamment SBAï Mohammed, agrégé de français au Lycée Lalla Asmae /Oujda et celui de RAJ Mohammed, professeur au lycée Errazi, Settat.

Étapes de réalisation

Avant de passer à l’action, nous avons jugé nécessaire l’élargissement de nos connaissances sur Maupassant et son style, le genre de la nouvelle, la structure de la nouvelle chez Maupassant, et surtout l’analyse narratologique de La ficelle. Ensuite, il était primordial de reclasser les différentes compétences et contenus proposés dans Les orientations pédagogiques selon le type d’activités concernées. Après, nous avons réparti l’ensemble de ces contenus sur les trois séquences que comporte le présent projet, tout en respectant les contraintes dictées dans Les orientations pédagogiques et en fonction du degré de pertinence avec le passage étudié.

Abréviations

TE AO ET L PE
Travaux encadrés Activité orale Étude de texte Langue Production écrite


Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateurs, fonctions.

  Séance Activité Compétences Contenus
Semaine 1 S1 TE Communiquer oralement ou par écrit à partir/ autour /d’une œuvre littéraire. Reconnaitre les caractéristiques de la nouvelle comme genre littéraire. Le genre de la nouvelle + biographie de Maupassant
S2 ET Reconnaître un genre littéraire : la nouvelle réaliste. Identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste. Étude de l’incipit (Lecture méthodique)
S3 L Repérer les passages descriptifs dans la nouvelle Les moyens lexicaux de la description
S4 PE Produire un écrit d’invention L’art du portrait (pasticher un texte)
Semaine 2 S1 AO Prendre la parole  Écouter activement  Débat : La vie à la compagne, la vie en ville.
S2 PE Intégrer les notes prises à une production écrite. Compte-rendu de débat.
S3 ET Communiquer oralement ou par écrit à partir/ autour d’une œuvre littéraire. Identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste. Étude de l’évènement perturbateur (Lecture méthodique)
S4 L Repérer les passages descriptifs dans la nouvelle Les moyens stylistiques de la description


Séquence 2 : L’excipit et la chute.

  Séance Activité Compétences Contenus
Semaine 3 S1 PE Chercher l’information et la traiter en fonction de son projet Établir le plan d’un projet de classe : La rumeur dans la société marocaine.
S2 ET Communiquer oralement ou par écrit à partir/ autour /d’une œuvre littéraire. Le discours dans le récit
S3 L Utiliser le vocabulaire adapté (le métalangage nécessaire pour appréhender le genre étudié)  Identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste  Le schéma narratif et le schéma actantiel.
S4 PE Produire un écrit d’invention. Imaginer un épisode pour combler une ellipse.
Semaine 4 S1 ET Reconnaître un genre littéraire : la nouvelle réaliste. Identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste. L’excipit : une fin brusque et tragique. La chute.
S2 L Utiliser les organisateurs textuels et les connecteurs logiques et chronologiques  Discours ancré/ coupé de la situation d’énonciation.
S3 AO Prendre la parole  Écouter activement  Jeux de rôles (le maire, M. Hauchecorne, M. Malendin)
S4 PE Acquérir la méthodologie de l’élaboration d’une fiche de lecture  Rendre compte de la lecture d’un texte long par une fiche de lecture  Réaliser la fiche de lecture de La ficelle 


Séquence 3 : Une ode et une chanson.

  Séance Activité Compétences Contenus
Semaine 5 S1 AO Prendre des notes à partir de documents sonores ou écrits  Séance d’écoute, la chanson : La rumeur, d’Yves Detuieul
S2 ET Prendre des notes à partir de documents sonores ou écrits  Identifier les caractéristiques de certaines formes poétiques : La chanson.. La rumeur, (approche linéaire)
S3 TE Analyser une image : s’initier aux principes du montage et du trucage  Analyse d’images (photos, caricatures) sur le thème de la rumeur
S4 ET Produire un écrit d’invention. Produire des petits textes en jouant sur la rime.
Semaine 6 S1 TE Chercher l’information et la traiter en fonction de son projet Exposés sur l’ode.
S2 ET Reconnaître les caractéristiques d’un poème  Identifier les caractéristiques de certaines formes poétiques : L’ode  L’ode : Quand je suis vingt ou trente mois (Approche linéaire)
S3 L Repérer les passages descriptifs dans la nouvelle Les procédés de reprise (l’anaphore)
S4 TE Chercher l’information et la traiter en fonction de son projet Finalisation du projet de classe, et présentation des résultats.

Semaine 7 : Évaluation et soutien.

Sous le thème :

Les valeurs universelles dans l’œuvre d’art.

Consigne :

Les élèves, tout-au-long de ce module, sont invité, par équipes, à réaliser un article de presse pour le journal du lycée, en variant les formes d’expression et en bénéficiant de l’apport de l’outil informatique. Le sujet de l’article, quant à lui, serai inspiré de la thématique suivante :

Les valeurs universelles dans l’œuvre littéraire

Sujets :

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Les recherches et les productions des élèves pourront avoir comme sujets :

  • Le marché hebdomadaire.  
    • La rumeur chez nous.
    •  L’avarice, un vice universel.

Formes de production :

Selon les compétences de chaque élève, et de ses penchants, la classe se subdivisera en groupes de travail s’intéressant à un côté spécifique de la création : recherche, rédaction, mise en page, photographie, dessin, caricature, etc.

  • Articles pour le journal scolaire.
    • Commentaires d’une toile, d’un tableau.
    • La caricature, sous ses deux formes : dessin et écrit.



Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Travaux encadrés Approche : Exposés
Durée : 1H. Sujet : Biographie de Maupassant + La nouvelle réaliste.

Déroulement de la leçon

  1. Étapes à suivre
  2. Exposer les résultats des recherches.
  3. Sélectionner les informations importantes
  4. Organiser les informations sur le tableau.
  5. Traces écrites.
  1. Biographie de Maupassant

Repères biographiques

 Guy DE MAUPASSANT


Vie Familiale :

Guy de Maupassant est né le 5 août 1850 dans le département de la Seine Maritime en France. Il est né dans une famille d’origine lorraine installée en Normandie. Ses parents ayant divorcés en 1860 c’est-à-dire 10ans après sa naissance, il grandit aux côtés de sa mère et de son frère cadet Alfred. Sa mère était une femme très cultivée et d’une famille bourgeoise. Elle était aussi l’amie de Gustave Flaubert ce qui jouera un rôle remarquable dans la carrière littéraire de son fils, Guy de Maupassant. Il passa son enfance en Normandie entre mer et campagne et grandit dans l’amour de la nature et des sports en plein air. De 13ans à 18ans, il fut élève au séminaire d’Yvtot, établissement chrétien, selon le souhait de sa mère. Mais il fut bientôt renvoyé du séminaire ne supportant pas la contrainte du pensionnat, c’est-à-dire les lois et la discipline qui y régnaient. Il intégra après le lycée de Rouen où il y rencontra de nombreux célèbres auteurs notamment l’ami de famille Gustave Flaubert. Il est mort en 1893

Vie Professionnelle :

Guy eût son baccalauréat en 1869. Puis on Octobre 1896, il s’inscrit à la faculté de Droit de Paris et vit dans le même immeuble que son père qui lui verse une maigre pension. A partir de juillet 1870, lors de la guerre contre la Prusse, il est affecté dans les services de l’intendance à Rouen, c’est-à-dire qu’il se charge de l’administration et de la gestion financière, du ravitaillement, etc. Il assiste, horrifié, aux massacres de la campagne de l’Eure. Et puis grâce à Flaubert, il obtient un poste stable pendant 10 années au ministère de la Marine et de l’instruction Publique.

Ses publications & œuvres :

En une douzaine d’années, il publia environ quinze recueils de contes et de nouvelles, six romans et de très nombreux articles de journaux. Ses thèmes d’inspiration étaient variés : il s’agissait aussi bien du monde rural de sa Normandie natale, que du monde des petits bourgeois et des médiocres employés de bureaux. En 1882 : Aux champs – La bécasse – Farce normande – La folle – La peur –Un normand – Pierrot – La veillée – Le testament – La rempailleuse. En 1883 : En mer – Les sabots.. En 1888 : Les épingles.

  1. La nouvelle réaliste

Repères

La nouvelle – Le réalisme

Définition de la nouvelle

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La nouvelle est un sous-genre du roman.
C’est un texte narratif court qui comprend un narrateur, une intrigue et des personnages. La nouvelle est caractérisée par le sens qui s’élabore par une chute. Le lecteur est amené à une relecture c’est-à-dire à réagir.

Définition du réalisme

Le terme réalisme apparaît en 1826 dans Le Mercure De France pour désigner La littérature du vrai. Il souligne chez les écrivains, mais aussi chez les peintres la volonté de reproduire le réel. En utilisant le mot naturalisme dans le roman expérimental en 1880, Émile Zola exprime le souci de donner au réalisme une dimension scientifique à travers son œuvre, le romancier étudie les lois de l’hérédité et de l’influence du milieu sur les individus.

Les caractéristiques de la nouvelle

C’est une histoire courte : précise et concise
Elle comporte une chute : le coup de théâtre c’est-à-dire une fin inattendue
Peu de personnages (utile)
Des événements uniques (contrairement à l’histoire à tiroirs)

Une œuvre réaliste

Elle est inspirée de faits réels
Elle est attachée à la réalité quotidienne des gens (particulièrement le vécu des basses classes)
C’est donc les vocations de la réalité sociologique et des souffrances psychologiques des petites gens.

Les procédés d’une œuvre réaliste

C’est une œuvre basée sur la règle de la vrai semblance (crédibilité)
Sur le plan littéraire c’est l’imitation du langage du peuple dans le dialogue
C’est une tentation sociologique le roman devient l’étude d’un milieu dans lequel l’auteur essaie d’adopter des critères scientifiques.
La réalité c’est quelque chose de vérifiable et de fiable.

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Étude de texte Approche : Lecture méthodique
Durée : 1H. Support : L’incipit, « Sur toutes les routes … aux gens des champs. »

Déroulement de la leçon

  1. Mise en situation
  2. Où se trouve ce passage par rapport à la nouvelle ?
  3. Comment appelle t’on la première page d’un roman ? d’une nouvelle ?
  4. Quel est le genre de cette nouvelle ?
  5. Formulez une situation de passage.

Situation du passage

Ce passage est extrait de la nouvelle réaliste : La ficelle de Maupassant. Et c’est ce qu’on appelle l’incipit.

Lecture de l’extrait

Identification du texte

  1. Types ? (Narratif, descriptif)
  2. Focalisation ? (zéro, le narrateur connait tout)
  3. Tonalité ? (comique, satirique)
  4. Temps ? (imparfait, passé-simple).
  1. Hypothèses de lecture
  2. L’incipit et ses fonctions ?
  3. Les moyens de la description ?
  4. Axes de lecture
  5. L’incipit

Présentation des :

                                           Lieux : Sur les routes de Goderville

                                           Temps : Jour de marché

                                           Personnages : Les paysans, les paysannes et les animaux.

                                           Description du cadre spatio-temporel.

  • Conclusion 1

L’incipit présente le cadre spatio-temporel de l’histoire ainsi que les personnages. Il a pour fonction d’intéresser le lecteur et le pousser à terminer la nouvelle.

  • Les Moyens de la description
  • Le champ lexical du rural : vache, veau, animal, paysan, canard, compagne, etc.
  • Les marques de jugement :

            Leur blouse semblait un ballon prêt à s’envoler d’où sortaient une tête, deux bras et deux pieds.

            Sur la place de Goderville, c’était une foule une cohue d’humains et de bêtes mélangées.

            Tout cela sentait l’étable, le lait, le fumier et le bestiale, particulière aux gens des champs.

  • Conclusion 2
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L’écrivain, pour créer l’effet du réalisme, prémédite le mélange entres hommes et bêtes afin de donner une idée sur les caractères des hommes en contamination avec le milieu.

  1. Synthèse

L’écrivain insiste sur les caractères pénibles de la vie paysanne dans un souci de vérité. La première séquence donc revêt un caractère descriptif

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Langue Sujet : Les moyens lexicaux de la description. (Les expansions nominales)
Durée : 1H. Support : Corpus tiré de La ficelle.

Déroulement de la leçon

  1. Observation
  2. Leur blouse bleue, empesée, brillante.
  3. Il remarqua, sur le seuil de sa porte, maître Malandain, le bourrelier, qui le regardait.
  4. On entendit encore une fois au loin les battements sourds de l’instrument et la voix affaiblie du crieur ;

Questions projet pédagogique la ficelle

  1. Dans chaque phrase dites quelle est la nature grammaticale des mots en gras (en couleur) ?
  2. Advertisement
  3. Qu’est ce qu’ils qualifient/ complètent le sens de quels mots ?
  4. Conceptualisation

Les moyens lexicaux de la description sont :

  1. adjectifs qualificatifs ou participes passés employés comme adjectifs ;
  2.  propositions subordonnées relatives ;
  3.  GN compléments du nom.
  4. Appropriation

Relevez les expansions des noms en gras en les classant :

Le ciel humide et gris semblait peser sur la vaste plaine brune. L’odeur de l’automne, odeur triste des terres nues et mouillées, des feuilles tombées, de l’herbe morte, rendait plus épais et plus lourd l’air stagnant du soir. Les paysans travaillaient encore, épars dans les champs, en attendant l’heure de l’Angélus qui les rappellerait aux fermes dont on apercevait, çà et là, les toits de chaume à travers les branches des arbres dépouillés qui garantissaient contre le vent les clos des pommiers.

Guy de Maupassant, Le Père Amable, 1886.

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions..
Activité :  Production écrite. Sujet : Rédiger un portrait (le pastiche)
Durée : 1H. Support : Le père Goriot, de H. de Balzac.

Déroulement de la leçon projet pédagogique la ficelle

  1. Lecture du texte support.
  2. Poser les questions de compréhension suivantes
  3. Quel est le type du texte ? (descriptif)
  4. Quel est le thème de cette description ?
  5. Lorsqu’il s’agit de décrire une personne, comment appelle t’on ce type de description ?
  6. quelles sont les sous parties concernées par la description ?
  7. Souligner les adjectifs qualificatifs ?
  8. Remplissez la première partie du tableau.
  9. En vous aidant du lexique donné en bas de page, remplissez la deuxième partie du tableau pour décrire une mendiante.
  10. Lecture et explication de la consigne

Rédigez un portrait en imitant celui de la comtesse Anastasie de Restaud

  1. Travail individuel
  2. Donner à l’élève le temps de restituer le portrait
  3. Lecture des productions personnelles
  4. Travail Collectif

Rédaction d’un portrait collectivement

Traces écrites.

Exemple

Rédiger un portrait

Support

La comtesse Anastasie de Restaud, grande et bien faite, passait pour avoir l’une des plus jolies tailles de Paris. Figurez-vous, de grands yeux noirs, une main magnifique, un pied bien découpé, du feu dans ses mouvements, une femme que le marquis de Ronquerolles nommait un cheval de pur sang. Cette finesse de nerfs ne lui ôtait aucun avantage : elle avait les formes pleines et rondes, sans qu’elle pût être accusée de trop d’embonpoint.

Honoré de Balzac, Le Père Goriot

Nom Portrait physique Caractère
Visage Yeux Membres Corps Gestes
Anastasie de Restaud            
La mendiante            

Tout en imaginant que votre personnage est une mendiante, complétez le tableau en remplaçant les éléments déjà identifiés par ceux que vous suggère cette consigne. Récrivez le texte en vous aidant du lexique suivant :

Le Lexique du portrait

  • Les yeux: brillants, vifs, étincelants, perçants, ternes, sombres, éteints, froids, vitreux, globuleux, ronds, allongés, en amande, mi-clos, hagards, etc.
  • Le corps et l’allure : grand, élancé, corpulent, robuste, costaud,, fort, gigantesque, massif, musclé, mince, maigre, frêle, svelte, fort, trapu, gros, énorme, enveloppé, dodu, etc.
  • Le caractère : brave, téméraire, vaillant, courageux, timide, réservé, discret, rusé, méchant, malicieux, malin, honnête, fidèle, courtois, dissipé, distrait, drôle, original, ridicule, fier, orgueilleux, prétentieux, vantard, etc.
  • Les mains : Propres, sales, rugueuses, noueuses, longues, fines, moites, les ongles longs, rongés, coupés, limés, …
  • Le visage : pâle, bronzé, rougeaud, ridé, joufflu, bouffi, rond, / boutonneux, parsemé de tâches de rousseur, parcouru de tics,
  • Les gestes : Il marchait voûté, se déplaçait péniblement en s’appuyant sur une canne… / Son visage était secoué de tics… / Confortablement installée dans un fauteuil, elle. /   Debout, immobile devant sa chaise, elle était raide comme une statue …
  • les cheveux : blonds, bruns, noirs, châtains, roux, clairs, foncés, blancs, gris, teintés, / longs, courts, raides, drus, frisés, bouclés, / ébouriffés, hirsutes, en bataille, hérissés, avec des épis, / sales, gras, secs, brillants, électriques, pouilleux,
  • Aspect physique général : vieux, âgé, jeune, / infirme, aveugle, borgne, sourd, muet, boiteux, manchot, / gros, gras, obèse, maigre, maigrichon, mince, / charmant, laid, affreux, horrible, vilain, monstrueux, répugnant / grand, immense, géant, petit, nain, / fort, musclé, faible,
Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Activité orale Approche : Débat
Durée : 1H. Sujet : La vie à la compagne, la vie en ville.

Déroulement de la leçon projet pédagogique la ficelle

Consigne

Ces dernières années, beaucoup de gens préfèrent s’installer à la compagne. Êtes-vous du même avis ?

Nous allons organiser un débat autour du sujet.

De quoi a-t’on besoin d’abord ?

  1. Désignez l’animateur.
  2. Choisir des représentants de chaque parti. trois de chaque groupe.
  3. Organiser l’espace du débat.

Le débat (arguments)

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La ville La compagne
Les moyens de confort.Les services publics.Les espaces de loisir. L’air pur.La verdure.Une nourriture saine.Pas de vacarme.Pas de stresse.L’hospitalité des gens de la compagne.

Synthèse

Chaque endroit possède des attraits propres. Cependant, si l’on bénéficie des moyens de transport, il est préférable de s’éloigner du centre des grandes mégapoles.

 Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Production écrite Approche : Compte rendu
Durée : 1H. Sujet : Débat autour de la peine de mort.

Déroulement de la leçon

  1. Phase préparatoire

Poser des questions pour rappeler le déroulement du débat.

Les élèves doivent se référer à leurs notes prises lors du débat.

  1. Questions
  2. Quel est le sujet du débat organisé en classe lundi dernier ?
  3. Est ce que tout le monde avait la même position vis-à-vis de la peine capitale ?
  4. Ceux qui sont « contre », qu’est ce qu’ils avancent comme arguments ?
  5. Et ceux qui sont « pour », quels sont leurs arguments ?
  6. Quelle synthèse avez-vous tiré à la fin du débat ?
  • Réponses éventuelles
  • La vie en ville, la vie à la compagne.
  • Non, il y a ceux qui sont « pour », et ceux qui sont « contre ».
  • Les arguments pour la vie en ville :
    • Argument 1 : En ville, on possède tous les moyens de confort, comme l’électricité, l’eau potable aux robinets…
    • Argument 2 : En ville, tous les services publiques sont disponibles, ce n’est pas la peine de se déplacer pour se rendre un service administratif ou autres
    • Argument 3 : On ne manque pas d’espace verts en ville, encore plus, on a beaucoup d’espaces où il y’a beaucoup de moyens de distraction.
  • Les arguments favorables à la vie à la compagne.
  • Argument 1 : L’air pur et la verdure
    • Argument 2 : Une nourriture saine et « Bio ».
    • Argument 3 : Pas de vacarme, pas de stresse
    • Argument 2 : Les gens sont accueillants et généreux.
  • Chaque endroit possède des attraits propres. Cependant, si l’on bénéficie des moyens de transport, il est préférable de s’éloigner du centre des grandes mégapoles.
  1. Rédaction et affinement
  2. Rédiger le commentaire au fur et à mesure des réponses obtenues des élèves.
  3. Lier les différents paragraphes à l’aide de liens logiques convenables.
  4. Reformuler, ajouter ou supprimer des éléments pour maintenir la cohésion interne du compte-rendu.

Le compte-rendu projet pédagogique la ficelle

Lundi, le 13 octobre, de 11h à 12 h, nous avons organisé un débat autour de la vie en ville et la vie à la compagne.

Pour ceux qui sont pour la vie en ville ils ont avancé plusieurs arguments. D’abord, En ville, on possède tous les moyens de confort, comme l’électricité, l’eau potable aux robinets… Ensuite, en ville, tous les services publiques sont disponibles, ce n’est pas la peine de se déplacer pour se rendre un service administratif ou autres. Enfin, on ne manque pas d’espace verts en ville, encore plus, on a beaucoup d’espaces où il y’a énormément de moyens de distraction.

Alors que ceux qui sont pour la vie à la compagne, ils ont présenté plusieurs arguments. Premièrement, parce qu’à la compagne, l’on profite d’un air pur et la verdure aussi. Deuxièmement, la nourriture est saine et « Bio », troisièmement, le silence absolu, pas de vacarme, pas de stresse, et finalement, les gens sont simples, accueillants et généreux.

À la fin du débat, nous nous sommes accordés à dire que Chaque endroit possède des attraits propres. Cependant, si l’on bénéficie des moyens de transport, il est préférable de s’éloigner des centres des grandes mégapoles.

  1. Traces écrites

Laisser aux élèves le temps nécessaire pour porter le résultat sur leurs cahiers.

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Étude de texte Approche : Lecture méthodique
Durée : 1H. Support : « Maître Hauchecorne … mucre pour les blés ».

Déroulement de la leçon

  1. Mise en situation
  2. Où se trouve ce passage par rapport à la nouvelle ?
  3. Quel est le personnage principal introduit ? Où se trouve-t-il ?
  4. Quel est l’évènement principal raconté dans cette séquence ?
  5. Comment cet évènement vous parait-il ? (banal)
  6. Formulez une situation de passage.

Situation du passage

Ce passage est extrait de la nouvelle réaliste : La ficelle de Maupassant. Maitre Hauchecorne vient d’arriver à Goderville, Il ramasse une ficelle trouvée par terre.

Lecture de l’extrait

projet pédagogique la ficelle

Identification du texte

  1. Types ? (Narratif, descriptif)
  2. Personnages ? Hauchecorne (hoche + corne), Malandin (mal, malin,..)
  3. Lieu ? (Goderville).
  4. Focalisation ? (zéro, le narrateur connait tout)
  5. Temps ? (imparfait, passé-simple).
  1. Hypothèses de lecture
  2. Un évènement banal ?
  3. L’effet du réalisme ?
  4. L’art du portrait ?
  1. Axes de lecture
  2. L’effet du réalisme
  • Les indices autobiographiques
    Économe – Vrai Normand – Tout est bon à ramasser qui peut servir
  • Les indices sociologiques
    Le langage des gens – La place qu’occupent les femmes – Les différents moyens de transport – Les occupations des paysans

                                           Conclusion 1

L’auteur connait bien la région dont il parle. Il a eu surement le temps de tous voir et de tous mémoriser. Ce type d’informations rend le récit vraisemblable.

  • Les Portraits des personnages
  • Maitre Hauchecorne :

Économe – Rancunier – Ennemi de Maitre Malandain – Souffre de rhumatismes

  • Maitre Malandain :

Bourrelier – Rancunier – Ennemi – Espion

  • Conclusion 2

Le narrateur présente les personnages, et donne le minimum d’informations nécessaire pour créer la tension dramatique.

  1. Synthèse

L’auteur a veillé au respect du contexte historique et littéraire dans sa publication : « le bas » c’est tout ce qui se rapporte au peuple et qui n’avait pas sa place dans les publications littéraires avant.

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 1 : L’incipit et l’évènement perturbateur, fonctions.
Activité : Langue Approche : Les moyens stylistiques de la description (comparaison, énumération).
Durée : 1H. Support : Corpus tiré de La ficelle.

Déroulement de la leçon

  1. Observation
  1. Leur blouse bleue, empesée, brillante, comme vernie, ornée au col et aux poignets d’un petit dessin de fil blanc, gonflée autour de leur torse osseux, semblait un ballon prêt à s’envoler, d’où sortait une tête, deux bras et deux pieds.
  2. charrettes, cabriolets, chars à bancs, tilbury, carrioles innommables, jaunes de crotte, déformées, rapiécées, levant au ciel, comme deux bras, leurs brancards, ou bien le nez par terre et le derrière en l’air.

Questions

  1. Dans les deux phrases, les mots en gras ont-ils la même nature grammaticale ?
  2. Quel est le signe de ponctuation utilisé ?
  3. Comment appelle t’on ce procédé ? 
  4. Les mots mis en surbrillance rapprochent toujours deus idées, De quelles ressemblances s’agit-il dans chaque cas ?
  5. Comment appelle –t’on cette figure de style ?
  6. Conceptualisation

Les moyens stylistiques de la description sont :

  1. L’énumération : Faire succéder plusieurs mots ayant la même nature en les séparant par des virgules.

Exemple : J’habite un quartier étroit, sale et obscur.

  • La métaphore : Rapprocher deux idées unies par une ressemblance ;

Exemple : Le jeune homme se promenait dans le jardin publique comme un prince.

  1. Appropriation
  1. Identifiez les figures de l’énumération et de la comparaison dans les phrases suivantes
  1. Incroyable, génial, excellent, ce but.
  2. Emma est rouge comme une tomate
  3. L’espoir luit comme un brun de paille dans une étable.
  4. Va, cours, vole, et nous venge
  5. Il est têtu comme un âne.
  6. Il ressemble à une fille le jour de ses noces.
  • Faites correspondre un adjectif de la première série avec une comparaison de la seconde série. Employez ensuite l’expression trouvée dans une phrase pour en faire comprendre le sens.

1. aimable – 2. Sobre – 3. muet-4. Têtu- 5. Frais- 6.Rapide- 7. Blanc- 8. Sourd- 9. Myope- 10.  Chauve – 11. Noir.

a– comme une carpe- b. Comme la suie- c. Comme neige –d. comme une taupe – e. Comme une rose-

f. comme l’éclair- g. Comme une porte de prison- h. Comme un chameau – i. Comme une mule- j. comme un œuf- k. Comme un pot.   

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 3 : Une ode et une chanson.
Activité : Travaux encadrés Sujet : Lecture de l’image.
Durée : 1H. Support : André Raffray (né en 1925), Illustration pour La Ficelle, 1965.

Déroulement de la leçon

  1. Observation

Donner le temps aux étudiants pour bien observer l’image.

  1. Identification
  2. Le thème

Le sujet de l’image.

  • le type

Dessin, caricature, photo, plan, carte, peinture, etc.

  • Le genre

Utilitaire, artistique / fixe, mobile.

  • La fonction

Illustrer un texte, faire la publicité, sensibiliser, critiquer, indiquer un itinéraire, indiquer le plan, etc.

  • Éléments
    • Picturaux : (Personnages, objets, signes, symboles, traits, etc.)
    • Chromatiques (Couleurs, ombre, éclairage, etc.)
  • Cadrage
    • Très gros plan, Gros plan, plan rapproché, plan demi-ensemble, plan d’ensemble, plan général.
    • Profondeur : Premier plan, deuxième plan, troisième plan.
  • Prises de vue

projet pédagogique la ficelle

Champ, contre-champ, plongée, contre-plongée, profil.

  • Les éléments textuels

Analyse de l’image

Le thème  
le type  
Le genre  
La fonction  
Éléments  
Cadrage  
Prises de vue  
Les éléments textuels  
   
  1. Synthèse

Cette illustration montre comment deux genres artistiques différents peuvent traiter du même sujet. Cependant, l’image est plus évocatrice, car elle constitue un code universel qui ne nécessite aucun truchement.

  1. Prolongement

En procédant de la même manière, analyser l’image suivante.

Niveau : Tronc commun. Module II : Étudier une nouvelle réaliste, La ficelle, de Maupassant
Option : Toutes Séquence 3 : Une ode et une chanson
Activité : Activité orale Séance 1 : Écoute et mémorisation.
Durée : 1H. Support : La rumeur, Yves Duteil

Déroulement de la leçon

Premier jeu.

Faire écouter la chanson

Questions

  1. De quoi parle la chanson ?
    1. De combien de parties elle se compose ?
    1. Est ce que vous l’avez déjà entendue ? Qui en est l’interprète ?

Distribuer les paroles de la chanson, avec des mots effacés.

Deuxième jeu

Demander aux élèves de remplir le vide au fur et à mesure de l’écoute.

Troisième jeu

Autocorrection des mots par les élèves

Quatrième jeu

Correction collective.

Mémorisation

Apprendre la chanson, strophe par strophe.

Préparation de la deuxième séance

Demander aux élèves de :

  • Chercher les définitions des mots soulignés.
  • Chercher une biographie de l’interprète
  • Chercher des illustrations pour la chanson.
  • Apprendre la chanson par cœur.


La rumeur

La rumeur ouvre ses ailes

Elle s’envole à travers nous

C’est une fausse nouvelle

Mais si belle, après tout

Elle se propage à voix basse

À la messe et à midi

Entre l’église et les glaces

Entre confesse et confit

La rumeur a des antennes

Elle se nourrit de cancans

Elle est bavarde et hautaine

Et grandit avec le temps

C’est un arbre sans racines

À la sève de venin

Avec des feuilles d’épines

Et des pommes à pépins

Ça occupe, ça converse

Ça nourrit la controverse

Ça pimente les passions

Le sel des conversations…

La rumeur est un microbe

Qui se transmet par la voix

Se déguise sous la robe

De la vertu d’autrefois

La parole était d’argent

Mais la rumeur est de plomb

Elle s’écoule, elle s’étend

Elle s’étale, elle se répand

C’est du miel, c’est du fiel

On la croit tombée du ciel

Jamais nul ne saura

Qui la lance et qui la croit…

C’est bien plus fort qu’un mensonge

Ça grossit comme une éponge

Plus c’est faux, plus c’est vrai

Plus c’est gros et plus ça plaît

Calomnie, plus on nie

Plus elle enfle se réjouit

Démentir, protester,

C’est encore la propager

Elle peut tuer sans raison

Sans coupable et sans prison

Sans procès ni procession

Sans fusil ni munitions…

C’est une arme redoutable

Implacable, impalpable

Adversaire invulnérable

C’est du vent, c’est du sable

Elle rôde autour de la table

Nous amuse ou nous accable

C’est selon qu’il s’agit

De quiconque ou d’un ami

Un jour elle a disparu

Tout d’un coup, dans les rues

Comme elle était apparue

À tous ceux qui l’avaient crue…

La rumeur qui s’est tue

Ne reviendra jamais plus

Dans un cœur, la rancœur

Ne s’en ira pas non plus.

A bon entendeur…

Yves Duteil.

Les valeurs dans La ficelle de Guy de Maupassant                     

Avec l’avènement de la réforme, le système éducatif marocain a connu l’introduction de la pédagogie par compétences et les entrées par les valeurs. Dès lors, l’enseignement de la langue et littérature française connaît un changement radical. Au lieu d’étudier des textes et des extraits disparates, l’on a opté pour l’étude des œuvres intégrales, pour soi-disant  donner à l’élève le gout de la lecture et lui permettre de s’ouvrir sur d’autres cultures pour mieux se reconnaître dans la sienne, et c’est justement ce que fait savoir la charte dans ses grandes finalités :  « Le système d’éducation et de  formation doit s’acquitter  intégralement de ces fonctions envers les individus […]  en leur offrant l’occasion d’acquérir les valeurs… »

 Au tronc commun, l’élève est invité à étudier, en plus des textes choisis, deux nouvelles et une comédie. La nouvelle réaliste La ficelle, de Guy de Maupassant, raconte l’histoire d’un homme (Hauchecorne) qui, ramassant une petite ficelle trouvée par terre, se voit accusé d’avoir volé un portefeuille, et malgré ses efforts, il ne réussira jamais à prouver son innocence.

L’élève, en lisant La ficelle, se trouve dans un univers qui ne lui est pas totalement méconnu.

projet pédagogique la ficelle

D’abord, les descriptions réalistes faites sur les paysans et leurs manières d’agir, le jour du marché ressemblent énormément à ce qui se voit le jour du souk, surtout dans les villages. Sans prendre en compte quelques détails, on aurait pu croire qu’il s’agit de l’un des marchés hebdomadaires de quelconque région marocaine. En plus, le héro de la nouvelle, avec tout ce qui le caractérise, constitue un modèle humain universel qui n’est pas restreint à une région du monde, ainsi que le comportement moqueur des gens de Goderville.

S’il est difficile de déterminer avec exactitude le sens du mot Valeurs, nous nous ne contenterons pas de prendre comme acception du terme : Un principe moral ou esthétique (d’un individu, d’un groupe social ou d’une époque)[1], mais tout ce qui peut, d’une manière ou d’une autre, identifier et renvoyer à une société donnée : « Il ne paraît pas envisageable de pouvoir disjoindre les faits décrits de leurs valeurs, comme le prétendait Hume. L’évaluatif est en soi descriptif, et l’évaluation porte sur une représentation interne qui est en elle-même description du fait considéré (Putnam) »[2].

Dans ce qui suit, nous dressons un tableau récapitulatif de la majorité des valeurs véhiculées dans La ficelle outre le gout de la lecture.

Inventaire des valeurs

Dans La ficelle

Valeur Extrait
L’économie rurale Sur toutes les routes autour de Goderville, les paysans et leurs femmes s’en venaient vers le bourg, car c’était jour de marché
Le travail déformées par les rudes travaux, par la pesée sur la charrue qui fait en même temps monter l’épaule gauche et dévier la taille, par le fauchage des blés qui fait écarter les genoux pour prendre un aplomb solide, par toutes les besognes lentes et pénibles de la campagne.
La femme (condition) leurs femmes, derrière l’animal
L’avarice Maître Hauchecorne, économe en vrai Normand, pensa que tout était bon à ramasser qui peut servir
La honte Maître Hauchecorne fut pris d’une sorte de honte d’être vu ainsi par son ennemi, cherchant dans la crotte un bout de ficelle.
La ruse puis il fit semblant de chercher encore par terre quelque chose qu’il ne trouvait point.
Le marchandage interminables marchandages.
La prudence Les paysans tâtaient les vaches, s’en allaient, revenaient, perplexes, toujours dans la crainte d’être mis dedans, n’osant jamais se décider, épiant l’œil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l’homme et le défaut de la bête.
La femme (travail) Les femmes, ayant posé à leurs pieds leurs grands paniers, en avaient tiré leurs volailles qui gisaient par terre, liées par les pattes…
La gastronomie Trois broches tournaient, chargées de poulets, de pigeons et de gigots ; et une délectable odeur de viande rôtie et de jus ruisselant sur la peau rissolée, s’envolait de l’âtre, allumait les gaietés, mouillait les bouches.
La malice maît’Jourdain, aubergiste et maquignon, un malin qui avait des écus.
La curiosité Tout le monde aussitôt fut debout, sauf quelques indifférents, et on courut à la porte, aux fenêtres, la bouche encore pleine et la serviette à la main.le vieux fut entouré, interrogé avec une curiosité sérieuse et goguenarde
Respect de la loi Et il suivit le brigadier.
Le pouvoir Le maire l’attendait, assis dans un fauteuil. C’était le notaire de l’endroit, homme gros, grave, à phrases pompeuses.
La peur Le campagnard, interdit, regardait le maire, apeuré déjà par ce soupçon
L’honneur Parole d’honneur, j’ n’en ai seulement point eu connaissance.
La vérité C’est pourtant la vérité du bon Dieu, la sainte vérité,
L’innocence Son innocence lui apparaissait confusément comme impossible à prouver, sa malice étant connue.
La rumeur On l’accusait d’avoir fait reporter le portefeuille par un compère, par un complice.
La mort     Il mourut dans les premiers jours de janvier

 Progression des Troncs Communs : Premier semestre

Module 2 : étudier une nouvelle réaliste

La ficelle ou Aux champs de Maupassant projet pédagogique la ficelle

Compétences Activités Contenus
-reconnaître un genre littéraire : la nouvelle réaliste  -identifier la structure formelle d’une nouvelle réaliste  -repérer les passages descriptifs dans la nouvelle  -déterminer leur fonction  -reconnaître les caractéristiques d’un poème  -identifier les caractéristiques de certaines formes poétiques (odes et chansons)  -utiliser le vocabulaire adapté (le métalangage nécessaire pour appréhender le genre étudié)  -utiliser les organisateurs textuels et les  connecteurs logiques et chronologiques  -acquérir la méthodologie de l’élaboration d’une fiche de lecture  -Rendre compte de la lecture d’un texte long par une fiche de lecture  -Produire un écrit d’invention (projet de classe)  -produire des énoncés en adéquation avec la visée recherchée et avec la situation de communication  -Prendre des notes à partir de documents sonores ou écrits  -analyser une image : s’initier aux principes du montage et du trucage  -Prendre la parole  -Écouter activement  -chercher l’information et la traiter en fonction de son projet Activités de lecture(s) :   -observation et analyse de documents relevant du genre étudié ;   -lecture analytique ;   -lecture méthodique ;   -lecture sélective.   Activités de production écrite : -produire des écrits à partir des supports étudiés (possibles narratifs, points de vue modifiés, portraits, insertion de description ou de narration dans un texte) ; – élaboration de fiches de lecture ; -prise de notes. Activités orales et TE présentations orales ; jeux de rôle ; -simulations ; -discussions ; -débats. Activités de langue -pratiques intégrées de la langue et du discours à partir de la production et de la réception de l’oral et de l’écrit. Réception de l’écrit les caractéristiques du récit réaliste son ancrage dans la réalité (réseaux lexicaux, repères spatio-temporels) la structure narrative de l’œuvre la progression dramatique (l’action) les personnages (auteur, narrateur, protagoniste(s)) et leurs fonctions dans le récit la distinction entre récit et histoire, les focalisations l’alternance récit, description, dialogue le rythme du récit : ellipses, retours en arrière et leurs fonctions  Poésie        l’ode, la chanson Production de l’écrit produire un texte dans le cadre d’un projetraconter en changeant les personnages et en variant les points de vueimaginer un épisode pour remplacer une ellipse narrativeinsérer un portrait dans un récitrédiger un texte à la manière de… (pastiche, imitation)imaginer une suite (fin, dénouement) à un récitjouer avec des rimes, jouer avec des formes Production de l’oral et TE techniques de la recherche documentaire (sélection, traitement et reformulation de l’information) élaboration d’un plan présentation d’une fiche de lecture création de supports iconiques (montage et trucage)participation à la mise en place d’un projet. Langue (grammaire de la phrase et grammaire du texte) les moyens lexicaux de la description : l’expansion nominale, la subordonnée relative… les moyens stylistiques de la description : quelques figures de style : la comparaison, la métaphore, etc. le passage de la phrase simple à la phrase complexe les procédés de la reprise (l’anaphorisation)le discours ancré dans la situation d’énonciation /discours coupé de la situation d’énonciation.

LA FICELLE

Guy de Maupassant

Sur toutes les routes autour de Goderville, les paysans et leurs femmes s’en venaient vers le bourg, car c’était jour de marché. Les mâles allaient, à pas tranquilles, tout le corps en avant à chaque mouvement de leurs longues jambes torses, déformées par les rudes travaux, par la pesée sur la charrue qui fait en même temps monter l’épaule gauche et dévier la taille, par le fauchage des blés qui fait écarter les genoux pour prendre un aplomb solide, par toutes les besognes lentes et pénibles de la campagne. Leur blouse bleue, empesée, brillante, comme vernie, ornée au col et aux poignets d’un petit dessin de fil blanc, gonflée autour de leur torse osseux, semblait un ballon prêt à s’envoler, d’où sortait une tête, deux bras et deux pieds.

Les uns tiraient au bout d’une corde une vache, un veau. Et leurs femmes, derrière l’animal, lui fouettaient les reins d’une branche encore garnie de feuilles, pour hâter sa marche.

projet pédagogique la ficelle

Elles portaient au bras de larges paniers d’où sortaient des têtes de poulets par-ci, des têtes de canards par-là. Et elles marchaient d’un pas plus court et plus vif que leurs hommes, la taille sèche, droite et drapée dans un petit châle étriqué, épinglé sur leur poitrine plate, la tête enveloppée d’un linge blanc collé sur les cheveux et surmontée d’un bonnet.

Puis un char à bancs passait, au trot saccadé d’un bidet, secouant étrangement deux hommes assis côte à côte et une femme dans le fond du véhicule, dont elle tenait le bord pour atténuer les durs cahots.

Sur la place de Goderville, c’était une foule, une cohue d’humains et de bêtes mélangés. Les cornes des bœufs, les hauts chapeaux à longs poils des paysans riches et les coiffes des paysannes émergeaient à la surface de l’assemblée. Et les voix criardes, aiguës, glapissantes, formaient une clameur continue et sauvage que dominait parfois un grand éclat poussé par la robuste poitrine d’un campagnard en gaieté, ou le long meuglement d’une vache attachée au mur d’une maison. Tout cela sentait l’étable, le lait et le fumier, le foin et la sueur, dégageait cette saveur aigre, affreuse, humaine et bestiale, particulière aux gens des champs.

Maître Hauchecorne, de Bréauté, venait d’arriver à Goderville, et il se dirigeait vers la place, quand il aperçut par terre un petit bout de ficelle. Maître Hauchecorne, économe en vrai Normand, pensa que tout était bon à ramasser qui peut servir ; et il se baissa péniblement, car il souffrait de rhumatismes. Il prit par terre le morceau de corde mince, et il se disposait à le rouler avec soin, quand il remarqua, sur le seuil de sa porte, maître Malandain, le bourrelier, qui le regardait. Ils avaient eu des affaires ensemble au sujet d’un licol, autrefois, et ils étaient restés fâchés, étant rancuniers tout deux. Maître Hauchecorne fut pris d’une sorte de honte d’être vu ainsi par son ennemi, cherchant dans la crotte un bout de ficelle. Il cacha brusquement sa trouvaille sous sa blouse, puis dans la poche de sa culotte ; puis il fit semblant de chercher encore par terre quelque chose qu’il ne trouvait point, et il s’en alla vers le marché, la tête en avant, courbé en deux par ses douleurs.

Il se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages. Les paysans tâtaient les vaches, s’en allaient, revenaient, perplexes, toujours dans la crainte d’être mis dedans, n’osant jamais se décider, épiant l’œil du vendeur, cherchant sans fin à découvrir la ruse de l’homme et le défaut de la bête.

Les femmes, ayant posé à leurs pieds leurs grands paniers, en avaient tiré leurs volailles qui gisaient par terre, liées par les pattes, l’œil effaré, la crête écarlate. Elles écoutaient les propositions, maintenaient leurs prix, l’air sec, le visage impassible, ou bien tout à coup, se décidant au rabais proposé, criaient au client qui s’éloignait lentement : – C’est dit, maît’Anthime. J’vous l’donne. Puis peu à peu, la place se dépeupla et l’angélus sonnant midi, ceux qui demeuraient trop loin se répandirent dans les auberges.

Chez Jourdain, la grande salle était pleine de mangeurs, comme la vaste cour était pleine de véhicules de toute race, charrettes, cabriolets, chars à bancs, tilbury, carrioles innommables, jaunes de crotte, déformées, rapiécées, levant au ciel, comme deux bras, leurs brancards, ou bien le nez par terre et le derrière en l’air.

Tout contre les dîneurs attablés, l’immense cheminée, pleine de flamme claire, jetait une chaleur vive dans le dos de la rangée de droite. Trois broches tournaient, chargées de poulets, de pigeons et de gigots ; et une délectable odeur de viande rôtie et de jus ruisselant sur la peau rissolée, s’envolait de l’âtre, allumait les gaietés, mouillait les bouches.

Toute l’aristocratie de la charrue mangeait là, chez maît’Jourdain, aubergiste et maquignon, un malin qui avait des écus. Les plats passaient, se vidaient comme les brocs de cidre jaune. Chacun racontait ses affaires, ses achats et ses ventes. On prenait des nouvelles des récoltes. Le temps était bon pour les verts, mais un peu mucre pour les blés.

Tout à coup le tambour roula, dans la cour, devant la maison. Tout le monde aussitôt fut debout, sauf quelques indifférents, et on courut à la porte, aux fenêtres, la bouche encore pleine et la serviette à la main.

Après qu’il eut terminé son roulement, le crieur public lança d’une voix saccadée, scandant ses phrases à contretemps : – Il est fait assavoir aux habitants de Goderville, et en général à toutes les personnes présentes au marché, qu’il a été perdu ce matin, sur la route de Beuzeville, entre neuf heures et dix heures, un portefeuille en cuir noir contenant cinq cents francs et des papiers d’affaires. On est prié de le rapporter à la mairie, incontinent, ou chez maître Fortuné Houlbrèque, de Manerville. Il y aura vingt francs de récompense.

Puis l’homme s’en alla. On entendit encore une fois au loin les battements sourds de l’instrument et la voix affaiblie du crieur ;

Alors on se mit à parler de cet événement, en énumérant les chances qu’avait maître Houlbrèque de retrouver ou de ne pas retrouver son portefeuille. Et le repas s’acheva.

On finissait le café, quand le brigadier de gendarmerie parut sur le seuil.

Il demanda :

  • Maître Hauchecorne, de Bréauté, est-il ici ?
  • Maître Hauchecorne, assis à l’autre bout de la table, répondit :
  • Me v’là.

Et le brigadier reprit :

  • Maître Hauchecorne, voulez-vous avoir la complaisance de m’accompagner à la mairie ? M. le maire voudrait vous parler.

Le paysan, surpris, inquiet, avala d’un coup son petit verre, se leva et, plus courbé encore que le matin, car les premiers pas après chaque repos étaient particulièrement difficiles, il se mit en route en répétant :

  • Me v’là, me v’là

Et il suivit le brigadier.

Le maire l’attendait, assis dans un fauteuil. C’était le notaire de l’endroit, homme gros, grave, à phrases pompeuses.

  • Maître Hauchecorne, dit-il, on vous a vu ce matin ramasser, sur la route de Beuzeville, le portefeuille perdu par maître Houlbrèque, de Manerville.

Le campagnard, interdit, regardait le maire, apeuré déjà par ce soupçon qui pesait sur lui, sans qu’il comprît pourquoi.

  • Mé, mé, j’ai ramassé çu portafeuille ?
  • Oui, vous-même.
  • Parole d’honneur, j’ n’en ai seulement point eu connaissance.
  • On vous a vu.
  • On m’a vu, mé ? Qui ça qui m’a vu ?
  • M. Malandain, le bourrelier.

Alors le vieux se rappela, comprit et, rougissant de colère.

  • Ah ! i m’a vu, çu manant ! I m’a vu ramasser ct’e ficelle-là, tenez, m’sieu le Maire.

Et fouillant au fond de sa poche, il en retira le petit bout de corde. Mais le maire, incrédule, remuait la tête :

  • Vous ne me ferez pas accroire, maître Hauchecorne, que M. Malandain, qui est un homme digne de foi, a pris ce fil pour un portefeuille ?

Le paysan, furieux, leva la main, cracha de côté pour attester son honneur, répétant :

projet pédagogique la ficelle

  • C’est pourtant la vérité du bon Dieu, la sainte vérité, m’sieu le Maire. Là sur mon âme et mon salut, je l’répète.

Le maire reprit :

  • Après avoir ramassé l’objet, vous avez même encore cherché longtemps dans la boue si quelque pièce de monnaie ne s’en était pas échappée.

Le bonhomme suffoquait d’indignation et de peur.

  • Si on peut dire !… si on peut dire !…des menteries comme ça pour dénaturer un honnête homme ! Si on peut dire !…

Il eut beau protester, on ne le crut pas.

Il fut confronté avec M. Malandain, qui répéta et soutint son affirmation. Ils s’injurièrent une heure durant. On fouilla, sur sa demande, maître Hauchecorne. On ne trouva rien sur lui.

Enfin le maire, fort perplexe, le renvoya, en le prévenant qu’il allait aviser le parquet et demander des ordres.

La nouvelle s’était répandue. A sa sortie de la mairie, le vieux fut entouré, interrogé avec une curiosité sérieuse et goguenarde, mais où n’entrait aucune indignation. Et il se mit à raconter l’histoire de la ficelle. On ne le crut pas. On riait.

Il allait, arrêté par tous, arrêtant ses connaissances, recommençant sans fin son récit et ses protestations, montrant ses poches retournées, pour prouver qu’il n’avait rien.

On lui disait :

  • Vieux malin, va !

Et il se fâchait, s’exaspérant, enfiévré, désolé de n’être pas cru, ne sachant que faire, et contant toujours son histoire.

La nuit vient ; Il fallait partir. Il se mit en route avec trois voisins à qui il montra la place où il avait ramassé le bout de corde ; et tout le long du chemin il parla de son aventure.

Le soir, il fit une tournée dans le village de Bréauté, afin de la dire à tout le monde. Il ne rencontra que des incrédules.

Il en fut malade toute la nuit.

Le lendemain, vers une heure de l’après-midi, Marius Paumelle, valet de ferme de maître Breton, cultivateur à Ymauville, rendait le portefeuille et son contenu à maître Houlbrèque, de Manerville. Cet homme prétendait avoir en effet trouvé l’objet sur la route ; mais ne sachant pas lire, il l’avait rapporté à la maison et donné à son patron.

La nouvelle se répandit aux environs. Maître Hauchecorne en fut informé. Il se mit aussitôt en tournée et commença à narrer son histoire complétée du dénouement. Il triomphait.

  • C’qui m’faisait deuil, disait-il, c’est point tant la chose, comprenez-vous ; mais c’est la menterie. Y a rien qui vous nuit comme d’être en réprobation pour une menterie.

Tout le jour il parlait de son aventure, il la contait sur les routes aux gens qui passaient, au cabaret aux gens qui buvaient, à la sortie de l’église le dimanche suivant. Il arrêtait des inconnus pour la leur dire. Maintenant il était tranquille, et pourtant quelque chose le gênait sans qu’il sût au juste ce que c’était. On avait l’air de plaisanter en l’écoutant. On ne paraissait pas convaincu. Il lui semblait sentir des propos derrière son dos.

Le mardi de l’autre semaine, il se rendit au marché de Goderville, uniquement poussé par le besoin de conter son cas. Malandain, debout sur sa porte, se mit à rire en le voyant passer. Pourquoi ?

Il aborda un fermier de Criquetot, qui ne le laissa pas achever et, lui jetant une tape dans le creux de son ventre, lui cria par la figure : « Gros malin, va! »  Puis lui tourna les talons.

Maître Hauchecorne demeura interdit et de plus en plus inquiet. Pourquoi l’avait-on appelé « gros malin » ?

Quand il fut assis à table, dans l’auberge de Jourdain, il se remit à expliquer l’affaire. Un maquignon de Montivilliers lui cria :

  • Allons, allons, vieille pratique, je la connais, ta ficelle !

Hauchecorne balbutia :

  • Puisqu’on l’a retrouvé çu portafeuille ?
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Mais l’autre reprit :

  • Tais-toi, mon pé, y en a qui trouve et y en a un qui r’porte. Ni vu ni connu, je t’embrouille !

Le paysan resta suffoqué. Il comprenait enfin. On l’accusait d’avoir fait reporter le portefeuille par un compère, par un complice.

Il voulut protester. Toute la table se mit à rire. Il ne put achever son dîner et s’en alla, au milieu des moqueries.

Il rentra chez lui, honteux et indigné, étranglé par la colère, par la confusion, d’autant plus atterré qu’il était capable, avec sa finauderie de Normand, de faire ce dont on l’accusait, et même de s’en vanter comme d’un bon tour. Son innocence lui apparaissait confusément comme impossible à prouver, sa malice étant connue. Et il se sentait frappé au cœur par l’injustice du soupçon.

Alors il recommença à conter l’aventure, en allongeant chaque jour son récit, ajoutant chaque fois des raisons nouvelles, des protestations plus énergiques, des serments plus solennels qu’il imaginait, qu’il préparait dans ses heures de solitude, l’esprit uniquement occupé par l’histoire de la ficelle; On le croyait d’autant moins que sa défense était plus compliquée et son argumentation plus subtile.

  • Ca, c’est des raisons d’menteux, disait-on derrière son dos.

Il le sentait, se rongeait les sangs, s’épuisait en efforts inutiles. Il dépérissait à vue d’œil. Les plaisants maintenant lui faisaient conter « la Ficelle » pour s’amuser, comme on fait conter sa bataille au soldat qui a fait campagne. Son esprit, atteint à fond, s’affaiblissait.

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Vers la fin de décembre, il s’alita.

Il mourut dans les premiers jours de janvier et, dans le délire de l’agonie, il attestait son innocence, répétant :

  • Une ‘tite ficelle …une ‘tite ficelle … t’nez, la voilà, m’sieu le Maire.

25 novembre 1883


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[2] Idem

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Author: Prof.Ziani

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